
UNE EGLISE DE COMBAT
Je voudrais, ce matin, resituer la vision de notre église : ce qui est sur mon cœur, ce que je souhaite vivre avec vous : construire une église pour les parisiens. Je crois que Dieu nous y conduit, Il nous encourage et Il ne cesse de nous conforter dans ce sens et de nous amener à comprendre de plus en plus ce qu’est le dessein de Dieu pour cette église et pour cette ville. Une idée a grandi sur mon cœur : notre assemblée a une vocation particulière, elle ne peut pas l’ignorer et celle-ci est d’être une église de combat. Le seul fait d’être placé ici, au cœur de Paris, est une évidence pour nous dire que nous sommes en plein milieu du combat. Nous sommes ici pour être en première ligne. Nous ne sommes pas là pour simplement nous retrouver fraternellement, nous encourager, ce sont de bonnes choses, certes. Mais si nous sommes ici c’est que nous avons une mission à remplir : être des témoins de Jésus-Christ dans Paris. Cette ville a besoin d’une église avec une telle vision.
Pour moi, il n’y a pas de réveil sans combat, sans engagement. Trop souvent nous disons : « Seigneur, envoie le réveil ! » en pensant : « Que Dieu nous l’envoie comme dans un papier cadeau tout fait, et nous n’aurons plus qu’à l’ouvrir, c’est tout. » Dieu envoie Sa bénédiction là où Il trouve des gens prêts à s’engager, à relever le défi. C’est ce qu’Il a trouvé parmi les apôtres, c’est ce qu’Il a trouvé à plusieurs moments dans l’Ancien Testament. Il trouve aujourd’hui dans bien des endroits du monde, des hommes, des femmes qui sont vraiment des serviteurs du Royaume et qui sont prêts à s’engager pour le Royaume. Que notre vision soit de plus en plus celle d’une église qui combat !
Je reviens à ce que nous avons déjà partagé l’année dernière et qui sans cesse revient sur mon cœur, celui de bâtir ensemble le camp du Seigneur. Que notre assemblée devienne de plus en plus un camp à la gloire de l’Eternel ! Je vous rappelle les trois textes que nous avions vus :
* 1. (Gen.32/1-2) : « Jacob poursuivit son chemin ; et les anges de Dieu le rencontrèrent. En les voyant, Jacob dit : C’est le camp de Dieu ! Et il donna à ce lieu le nom de Mahanaïm. »
* 2. (Nombr.2/1-2) Nous sommes dans le désert avec Moïse : « L’Eternel parla à Moïse et à Aaron, et dit : Les enfants d’Israël camperont chacun près de sa bannière, sous les enseignes de la maison de ses pères ; ils camperont vis à vis et tout autour de la tente d’assignation. »
* 3. (1 Chr.12/22) : David n’est pas encore roi, il fuit devant le roi Saül dans le désert, et Dieu envoie vers lui des hommes et il est écrit : « De jour en jour des gens arrivaient auprès de David pour le secourir, jusqu’à ce qu’il eût un grand camp, comme un camp de Dieu. »
Dans ces trois textes, il est parlé du camp. Jacob a dit : « C’est le camp de Dieu. » Dieu a dit à Moïse de former le camp autour du tabernacle, et des hommes ont rejoint David pour former un grand camp : le camp de l’Eternel. Chacun de ces camps où Dieu est présent nous parle d’une dimension de l’église combattante. La semaine prochaine, nous parlerons plus particulièrement du camp de l’Esprit, où l’Esprit de Dieu est présent, un camp d’adoration, de communion avec Dieu et que nous puissions dire nous aussi : « C’est ici le camp de Dieu ! ».
Concernant Moïse et le peuple dans le désert, ce camp est un camp de combat. Dieu organise Son camp, Il place ses tribus, ses chefs. Il leur donne un ordre de marche. Il leur dit : « Au son de la trompette, vous vous lèverez et vous marcherez. »
Quant à David, nous le retrouvons dans le désert, il fuit devant Saül, ils sont une poignée avec lui à se cacher dans les cavernes. Pourtant la promesse est là : David règnera. Dieu honorera Sa promesse et Il envoie des hommes, avec des compétences extraordinaires, des héros qui se lèvent pour secourir David et avec Lui marcher jusqu’à Hébron et ensuite jusqu’à Jérusalem où il sera couronné.
Ce matin, nous nous intéresserons à ces deux derniers camps, celui du livre des Nombres et à celui du livre des Chroniques et nous parlerons de ce camp que Dieu veut bâtir pour combattre. Que notre église soit ce camp combattant, prête à combattre le bon combat de la foi ! Ce combat n’est pas contre la chair et le sang, il n’est pas contre les hommes, mais il est livré contre les puissances spirituelles, qui ont établi leur domination sur cette ville depuis tant et tant de siècles, mais nous disons que Jésus les a vaincues. Il les a vaincues toutes même celles qui règnent en maître sur cette ville, celles qui brillent de fausses lumières depuis si longtemps. Dieu est capable de changer la réputation de cette ville.
Nous verrons trois points principaux :
* 1. Le rassemblement des forces : Dieu rassemble ses forces, des hommes et des femmes pour former un camp. Celui-ci doit être ensuite organisé. Nous croyons trop souvent et nous entendons souvent ces paroles : Pour que l’Esprit de Dieu agisse, il faut laisser les choses à l’improvisation. Oui, l’Esprit de Dieu nous donne la spontanéité, mais partout nous voyons dans les Ecritures tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau, que l’église est un assemblage solidement coordonné.
* 2. La communication d’une vision : Qui dit organisation, dit communication d’une vision, car si nous nous organisons d’une certaine manière, c’est pour un but à atteindre, un projet qui est devant nous.
* 3. La formation et l’équipement : Je n’oublierai pas ce troisième point car il est très important, c’est celui de la formation et de l’équipement. Nous avons besoin de chrétiens qui soient de véritables disciples, des serviteurs. Parmi eux des frères et des sœurs se lèveront avec un mandat, un appel, des capacités de Dieu pour paître l’église du Seigneur.
A. Le rassemblement des forces
Mon premier point nous parle du secours de Dieu. Il veut rassembler ses forces. Nous sommes avec David (1 Chr.12/22) : « Et de jour en jour des gens arrivaient auprès de David pour le secourir… » Cela me rappelle ce que nous trouvons dans (Act.2/47) : « Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés. » Dieu envoie dans ces églises des éléments qui vont être des bénédictions. C’est un peu comme dans (Es.49/21) où Israël se tourne vers Dieu en disant : « D’où viennent-ils ? Je ne les ai pas enfantés. » Parfois, nous sommes surpris de la manière par laquelle le Seigneur utilise les uns les autres pour construire Son Eglise, pour la fortifier. Dieu ajoute à Son Eglise ceux qui sont sauvés et aussi des frères et des sœurs pour secourir. Ils peuvent venir de l’extérieur, mais ils peuvent se lever de l’église elle-même. Les chrétiens commencent à changer dans leur mentalité et à dire : « Seigneur, Tu m’as appelé pour être un secours, pas simplement pour bénéficier de toutes Tes grâces, Tes bénédictions mais parce qu’il y a un combat à mener. »
Le chapitre 12 nous montre ceux qui viennent vers David pour le secourir, sont d’origines diverses. Dans un premier temps, il est parlé d’hommes de Benjamin, pourtant ils sont de la tribu de Saül. Ils rejoignent le camp de David, ils ont choisi de suivre celui qui a reçu l’onction du Seigneur, celui qui a la promesse de Dieu. D’autres arrivent au (v.8) de la tribu de Gad, puis au (v.16) encore des gens de la tribu de Benjamin et de Juda viennent pour former le camp et secourir David.
Ce sont des hommes avec des compétences multiples. Regardez (12/2), il est dit au sujet de certains hommes de Benjamin : « C’étaient des archers lançant des pierres de la main droite et de la gauche, et tirant des flèches avec leur arc… » Non seulement, ils étaient d’excellents archers mais aussi des archers ambidextres, et en plus, ils pouvaient utiliser la fronde. Quels hommes capables ! Nous lisons au (v.8) au sujet des hommes de Gad : « Parmi les Gadites, des hommes vaillants partirent pour se rendre auprès de David dans la forteresse du désert, des soldats exercés à la guerre, armés du bouclier et de la lance, semblables à des lions, et aussi prompts que des gazelles sur les montagnes. » Dieu envoie dans Son église, là où Il veut bâtir un camp, des gens d’origines diverses, avec des compétences multiples : les uns sont capables d’utiliser l’arc, d’autres la fronde, la lance avec le grand bouclier, ils sont prompts et vaillants. Je bénis Dieu pour tous ceux qui se lèvent dans l’église et pour tous ceux que le Seigneur rajoute à Son église avec des compétences extraordinaires. Je mesure ce privilège qui nous est fait. Je bénis le Seigneur de ce que la plupart des choses que nous avons pu mettre en place dans l’assemblée ne viennent pas de l’extérieur, mais viennent de l’église elle-même. Nous n’avons pas eu pour l’instant à recourir dans les choses que nous avons mises en place, à des aides extérieures mais Dieu a suscité du sein de l’église ou a ajouté des frères et sœurs capables de servir. D’autres se sont levés du milieu de l’église avec ce désir de dire : « Oui, Dieu m’a donné ces capacités et je veux les mettre au service du camp de l’Eternel. » Ainsi, se formait le camp de David.
De ce camp qui grandissait jour après jour, se sont levés des héros (1 Chr.11/10-ss.) qui, plus tard, seront aux côtés de David pour combattre les Philistins, les ennemis d’Israël. Ces héros sont mentionnés, il est parlé (v.11) d’un certain « Jaschobeam qui était un des principaux officiers de David, Il brandit sa lance sur trois cent hommes qu’il fit périr en une seule fois. » (v.12-14) : « Après lui, Eléazar, fils de Dodo, l’Achochite, l’un des trois guerriers, Il était avec David à Pas-Dammim, où les Philistins étaient rassemblés pour combattre…Et le peuple fuyait devant les Philistins, ils se placèrent au milieu du champ, le protégèrent et battirent les Philistins. Et l’Eternel opéra une grande délivrance. » Ainsi, autour de David et de ces hommes se sont levés des héros. Le peuple qui était autour de David était d’origines diverses, Dieu les a réunis et de leur diversité est née une unité. Même s’ils n’étaient pas encore nombreux, ils avaient une puissance extraordinaire au combat. Du sein de ce camp sont sortis les futurs généraux de David qui allaient l’accompagner tout au long de son règne, stimuler et communiquer une nouvelle vision à Israël Au temps de Saül quand Goliath se leva, il n’y avait personne pour combattre. Quand David commença son règne, nous voyons que des hommes se levèrent pour combattre les géants. Ils avaient cet esprit des héros. Ce qui a fait leur force, c’est qu’ils avaient une vision commune.
(1 Chr.11/10) : « Voici les chefs des vaillants hommes qui étaient au service de David, et qui l’aidèrent avec tout Israël à assurer sa domination, afin de l’établir roi, selon la parole de l’Eternel au sujet d’Israël. » Ces hommes étaient là pour amener David à la royauté. Si nous nous rassemblons ici et que nous avons le désir de bâtir un camp pour le Seigneur, c’est avec une seule vision, nous ne pouvons nous permettre d’avoir deux visions. Cette vision est que Christ règne ici à Paris. C’est largement suffisant pour toute une vie, en combats, en intercessions, en engagements. Cela ne veut pas dire que nous oublions le reste. Nous sommes engagés dans la mission, nous l’aimons, mais quant à notre combat, nous ne pouvons pas nous permettre de nous disperser, de plus en plus il faut nous consacrer sur un seul objectif : Que Jésus-Christ, notre Roi règne ici dans cette ville ! Même si nous disons, que sommes-nous ? Une poignée, alors puissions-nous nous lever comme les hommes de Gédéon, ils n’étaient que 300, Dieu avait fait le tri, et avec eux Dieu a glorifié Son Nom, et le camp de Madian fut détruit. Dieu est capable de sauver à travers un petit nombre et c’est ainsi qu’Il se glorifie. C’est comme cela que nous voulons avancer. Alors Dieu construit Son camp et je vois comment le Seigneur ajoute à l’église, et le désir est là : Quelque chose doit changer à Paris.
B. L’organisation du camp
Nous comprenons aussi qu’au-delà de toutes nos compétences, de toute notre bonne volonté, il nous faut nous organiser. Nous retournons à (Nb.2/1-2). Le livre des Nombres nous parle de l’organisation du peuple d’Israël. Quand Moïse conduisit le peuple hors de l’Egypte, celui-ci depuis 400 ans était dans l’esclavage. Qu’est-ce que cela veut dire : être dans l’esclavage ? Israël était un peuple qui fut maintenu volontairement par les Egyptiens dans l’ignorance, dans l’incapacité, dans l’inorganisation. C’était une volonté politique afin qu’Israël ne puisse pas se rebeller mais quand Dieu décide quelque chose, Il agit et Il libéra Son peuple à bras étendus et par Sa main puissante. C’était un peuple sans compétence, sans organisation. Alors que fit le Seigneur ? Au lieu de l’envoyer en Canaan directement, Il l’envoie au Sud, au plus profond du désert au mont Sinaï car Dieu savait qu’en Canaan, il y avait des armées organisées, avec des chars de fer, des géants, des villes fortifiées comme Jéricho.
Là pendant plus d’une année, Dieu organisa son camp. Quelle œuvre magistrale, la manière dont Dieu géra Son peuple ! Un peuple d’esclaves est un peuple sans lois. La première chose, qu’Il fit fut leur donner Sa loi : Ses dix Paroles (le Décalogue). Ensuite, Il leur donna un culte centré autour du Tabernacle avec le camp centré tout autour. C’est ce que nous rapporte le livre de l’Exode. Dans le livre du Lévitique, Dieu apprend à Son peuple à Le servir. Il établit les sacrificateurs, les lévites, les sacrifices. Il leur donna Ses Lois de sainteté. Le peuple apprit comment se tenir dans la présence de Dieu. Enfin, vient le livre des Nombres : nous voyons Dieu y organisait les douze tribus d’Israël. Que lisons-nous dans (Nomb.2/2) ? : «Les enfants d’Israël camperont chacun près de sa bannière… » Une bannière est un point de repère, une mission, un appel, une direction. (Nomb.2/2b-9) : « …sous les enseignes de la maison de ses pères ; ils camperont vis à vis et tout autour de la tente d’assignation. A l’Orient le camp de Juda, avec sa bannière, et avec ses corps d’armée… » Que voyons-nous dans ce texte ? Dieu positionne les douze tribus autour du Tabernacle par groupes : quatre groupes de trois. Le premier groupe, le premier corps d’armée est celui dirigé par Juda, à côté de lui sont Issacar et Zabulon. Ensemble, ils partagent la tête de la marche. Ils campent tous ensemble sous la bannière de Juda. Il en est ainsi pour tous les autres corps d’armée. Dieu structure son peuple en une armée, car une armée n’est pas une bande, une peuplade. Une armée est un corps régimenté où chacun sait où est sa place, où chacun agit en coordination les uns avec les autres, où chacun a une bannière, où des chefs sont établis pour conduire le régiment.
Dans l’église, il nous appartient d’établir des camps. Il y a les camps de l’évangélisation, ceux de l’adoration, de la gestion de l’église, les camps pastoraux. On s’occupe des enfants, des jeunes, des jeunes adultes. On s’occupe de tous les besoins de l’assemblée, ainsi, on organise l’église. Au sein de ces camps, il y a différents sous-groupes : dans l’évangélisation il y a ceux qui vont sur le marché, ceux qui sont impliqués dans les médias comme avec « Connaître Dieu », et ceux aussi qui distribuent des prospectus. Chacun est à son poste mais nous rassemblons nos forces, nos compétences pour l’évangélisation. Il en est de même dans chaque domaine, ainsi, nous essayons de suivre le modèle que la Bible propose.
Nous voyons aussi que sur chacun de ces camps, Dieu avait établi un chef, un prince. Dieu avait dit à Moïse d’établir des chefs de 1000, des chefs de 500, de 100, de 10. Nous ne sommes pas là pour savoir qui est le plus grand chef. Vous connaissez ce que Jésus a répondu à Ses disciples qui voulaient savoir qui était le plus grand parmi eux : « Le plus grand est celui qui est le plus petit et qui sert. » Il est nécessaire qu’il y ait des gens qui donnent une impulsion, conduisent, communiquent, qui sont là pour encourager, donner du zèle et de la persévérance. Je bénis le Seigneur de ce que dans l’église, Il fait lever des diacres, des anciens, pour tenir leur poste et coordonner le travail.
Ce camp était tout entier organisé autour du Tabernacle. (Nb.2/2b) dit qu’ils campaient tout autour de la tente d’assignation. Il n’est pas possible d’envisager l’organisation de l’église sans être attaché premièrement au culte, à l’adoration, au service de Dieu. On sert l’église mais d’abord on sert Dieu, on sert Jésus-Christ, c’est la première dimension. Ensuite, ces armées avaient été positionnées mais elles avaient un but commun (v.9) : une vision de marche et de conquêtes. Bâtir l’église pour avancer, c’est répondre à l’appel du Seigneur. « Je vous envoie une puissance, une dynamique » dit le Seigneur. Les Actes des Apôtres sont une succession de bonds en avant. Dieu nous amène plus loin. L’église de Jésus-Christ n’est pas une église qui s’organise pour mieux vivre ensemble, mais pour aller plus loin dans la marche. Si nous disons : « Seigneur, cela suffit nous avons assez avancé, restons là où nous sommes. » Alors je me rappelle ce que le prophète a dit : « Ce n’est pas ici le lieu du repos. » Jésus nous invite à être une église qui avance avec une marche et une vision.
C. La nécessité de former
C’est un point sur lequel je veux insister. Je parle de conformer notre caractère à celui de Jésus-Christ, former notre vie intérieure, nos pensées, notre façon de vivre. Les pasteurs font souvent ce constat et cela les amène à réfléchir : nous constatons de plus en plus qu’au bout de deux, trois ans après le baptême, parfois jusqu’à 50% des baptisés ont quitté l’église. C’est un drame, et une faute de notre part car nous avons oublié la Parole du Seigneur (Mat.28/19-20) : «Allez, faites de toutes les nations des disciples, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… s’arrête-Il là ? Que dit-Il ? Et enseignez-leur à observer tout ce que Je vous ai prescrit. » Trop souvent nous disons dans nos milieux : « Il a fait une expérience, ne s’est-il pas converti ? Ne s’est-il pas engagé dans les eaux du baptême ? Alors il a tout ce qu’il faut. N’est-il pas baptisé du Saint-Esprit ? » Nous n’avons pas entendu l’appel du Seigneur : « Enseignez-leur... » Oui, mais ils viennent aux réunions. Ils entendent la prédication. La prédication est une chose, l’enseignement en est une autre. Aujourd’hui, nous sommes dans une société… post-chrétienne, appelez-là ainsi si vous voulez, mais nous sommes de plus en plus dans une société païenne. Les défis que rencontraient les apôtres et notamment Paul, que ce soit à Corinthe ou ailleurs, nous les rencontrons aujourd’hui. Comprenons que nous avons des gens qui viennent au Seigneur, et qui n’ont aucune connaissance biblique. Je m’adresse aux anciennes générations, pour la plupart, vous avez peut-être grandi dans une famille catholique romaine et vous avez fréquenté le catéchisme. Alors vous aviez des bases, c’était une époque où l’on craignait encore le nom du Seigneur, où il y avait des valeurs morales, on avait grandi avec ces idées. Aujourd’hui tout cela est fini, beaucoup de gens grandissent dans des contextes complètement athées, où l’on rejette Dieu, où l’on se bouche les oreilles quand on entend parler de Jésus. Dans ces familles, il n’y a plus de repères moraux, les enfants, les jeunes gens ne savent plus ce qui est le bien et le mal. A tel point que nous sommes parfois obligés de rentrer dans des détails de plus en plus précis quand nous parlons avec ceux qui veulent s’engager avec le Seigneur. Nous voyons en parlant avec les nouveaux convertis et même parfois avec des frères et sœurs, que le langage d’aujourd’hui n’est plus du tout le langage biblique. Nous croyons que nous nous comprenons mais ce n’est pas le cas, car nous n’avons pas le même référentiel. D’où la nécessité de faire des disciples, d’où ce projet que nous avons sur le cœur, en tout cas pour nous, de répondre au commandement du Seigneur et de dire : « Seigneur, nous faisons ce que nous devons faire. »
Nous voulons vraiment enseigner les frères et sœurs à être des disciples. C’est notre part, nous devons le faire. Notre part est de vous faire comprendre jeunes chrétiens et moins jeunes que vous avez besoin non pas seulement de prédications, vous en avez largement suffisamment, vous en avez à l’église et sur tous les sites que vous pouvez trouver. Mais vous avez besoin d’enseignement pour développer quoi ? Pour développer, pour promouvoir :
* 1. Une piété personnelle : Trop, au milieu de nous n’ont pas de piété personnelle ou trop superficiellement. Nous avons un gros projet qui nous demandera peut-être une année. Notre but est de vous accompagner chaque jour dans la lecture de la Bible en vous donnant un calendrier de lectures avec des commentaires. Nous utiliserons les technologies modernes qui nous le permettent maintenant. Voyez-vous trop de frères et sœurs ne savent pas lire la Bible. La Bible n’est pas un livre comme les autres, il faut apprendre à la découvrir, à s’y plonger. Il y a des livres qui rebutent, on s’y perd. On veut vous donner ces fils rouges, ces repères, pour arriver à développer avec vous une lecture suivie. Promouvoir une piété personnelle, c’est aussi promouvoir un engagement pour Dieu et Son église.
* 2. Un programme de formation : Je fais une différence entre l’enseignement et la formation. Ce ne sont pas seulement l’enseignement, des paroles qui rentrent, mais des temps qui vont être construits, une formation, un programme pour nous amener d’un point à un autre point, plus élevé dans la connaissance de Jésus-Christ. Ce programme de formation a trois temps :
* a. Un programme systématique : Il a un suivi, une logique, une progression, un programme continu. On ne forme pas des chrétiens en trois mois. Combien de temps Jésus a-t-Il pris avec Ses disciples ? Pendant trois ans et demi, ils ont été nuit et jour aux pieds du Seigneur. Vous me direz : « Ce sont les apôtres. » Je crois que nous aussi, nous sommes appelés à passer du temps aux pieds de Jésus pour sonder Sa Parole. Ce programme contient quatre points, quatre dimensions dans la formation, il pourrait y en avoir d’autres, être : 1. un adorateur 2. un disciple 3. un serviteur 4. Un leader.
1. Etre un adorateur : Qu’est-ce que veut dire : une formation à l’adoration ? L’adoration est notre accomplissement car nous répondons à la volonté du Père qui cherche un peuple d’adorateurs. Etre un adorateur, c’est être accompli dans notre vocation. Un adorateur ne se forme pas tout seul. Certes, Dieu nous appelle : « prêtres dans Sa maison » mais être un sacrificateur est une chose sérieuse et très spirituelle qui consiste à rendre gloire à Dieu, c’est le but. Que chacun devienne un sacrificateur ! Les moyens que nous avons sont les cultes d’adoration et les chambres hautes que nous avons une fois par mois, le mardi. Nous encourageons chacun à se tenir dans la présence du Saint-Esprit, à chercher cette communion avec Dieu et des ressources diverses par exemple nous encourager dans cette piété quotidienne. Mon but est : « Que voulons-nous promouvoir ? Je redis : la piété personnelle. S’il n’y a pas de piété personnelle, régulière, il n’y aura pas de développement dans la vie chrétienne, c’est impossible. Mes frères et sœurs je ne suis pas un prêtre, nous ne sommes pas des prêtres catholiques romains ou orthodoxes… qui vous donnons des sacrements par lesquels vous êtes bénis pour la semaine à venir. Nous sommes une église qui professe une foi, de gens engagés avec une alliance avec Dieu. Nous sommes tous appelés : « Gens de la maison de Dieu, sacrificateurs, prêtres » mais le seul Sacrificateur entre Dieu et nous est Jésus-Christ homme, ce n’est pas le pasteur.
2. Etre un disciple : c’est avoir une relation avec Dieu. Quand quelqu’un vient vers le Seigneur, Jésus nous demande d’en faire un disciple. Qu’est-ce qu’un disciple ? C’est quelqu’un qui grandit, en rentrant dans un processus favorisant sa croissance. Quel est le but d’une formation de disciple ? C’est d’amener les frères et sœurs à s’attacher à Jésus, à Le suivre et c’est un chemin étroit, périlleux et difficile. Pour marcher sur un tel chemin, il faut une formation, une force, il y a l’enseignement biblique bien sûr. C’est pour cela que j’ai demandé au pasteur Benjamin de mettre en place les cours de disciples. Je veux presser de plus en plus les jeunes chrétiens et ceux qui s’engagent au milieu de nous dans les eaux du baptême, à suivre ces cours, vous avez besoin de ressources. Dans ces cours, qu’apprendrez-vous ? Vous apprendrez à lire la Bible, à prier, à découvrir ce que sont les bases de la piété, les bases de la vie de l’église, la prière, l’adoration, la louange. Vous apprendrez comment se comporter dans ce monde. Vous avez besoin de ces ressources pour grandir. Je sais qu’il est plus facile aujourd’hui d’aller voir ceux qui ont de grands ministères de prophètes et d’apôtres. Par une imposition des mains, par un transfert d’onction, ils vous donneront en un instant tout ce qu’il vous faudra pour les années à venir, alors qu’il faut des années et des années pour l’acquérir par l’étude. Si vous souhaitez aller voir ces gens, allez les voir, si vous voulez un travail sérieux, ouvrez la Parole de Dieu.
3. Etre serviteur : Du disciple on passe au serviteur, celui qui s’engage. Le but d’un tel programme est de servir Jésus. En Le servant, nous servons l’église. Il n’est pas possible de servir la Tête sans servir le Corps et réciproquement. Nous devons aller plus loin dans l’étude, l’approfondir. Le pasteur David Vanderstraeten donnera cette année comme sujet d’étude : Jésus-Christ Lui-même, qui est le meilleur exemple pour connaître comment Il servait et comment Il agissait. En même temps, c’est permettre à chacun de commencer à agir, à servir, à offrir à tous dans l’église une possibilité de servir dans une seule vision. Ce que nous désirons, c’est promouvoir au milieu de nous un esprit de service. Que de plus en plus se lèvent au milieu de nous avec ce désir de prendre sa part dans l’église. Notre part à nous en tant que dirigeants de cette église, de pasteurs est d’offrir une organisation structurée et motivante afin que vous ayez envie de servir Dieu. Je fonctionne comme cela, cela a ses faiblesses je le reconnais, mais je n’ai pas le caractère à aller voir constamment les gens pour leur dire : « Est-ce que tu as été à ton poste… ? » D’autres l’ont, je ne l’ai pas. Si on désire avancer avec le Seigneur, on puisera auprès de Lui les forces pour aller plus loin. Que Dieu débloque les choses ! Je ne suis pas de ceux qui vont presser.
4. Etre leader : A partir de ce cours sur le service que je donne une fois par mois, le dimanche ma prière est que de tous ces serviteurs, ces servantes que vous êtes, avec tant de capacités, nous l’avons vu avec David, se lèvent ceux qu’on peut appeler des leaders, la Bible les appelle des anciens, des diacres. Le but est de diriger, de paître l’église, d’être là comme des frères et sœurs qui veillent les uns sur les autres, comme des portiers spirituels, des colonnes de l’assemblée, capables de porter les autres, de les soutenir, de les conduire. Dans mon idée, il viendra des temps de formation, c’est ma façon de travailler. J’aime faire confiance, je ne suis pas constamment derrière eux, je les vois prier, chercher le Seigneur, s’engager avec le désir d’aller de l’avant. Il y a des paroles qui blessent quand on me dit : « Vous voulez faire de l’église une entreprise » J’ai été chef d’entreprise, je vous dirai que lorsqu’on est chef d’entreprise, on est le patron, mais dans l’église, il n’en est pas ainsi. Je n’ai pas le caractère de faire cela dans l’église, je voudrais essayer d’encourager les uns les autres à trouver leur place. Nous sommes suffisamment matures pour essayer de le comprendre. C’est cela former le caractère intérieur, cela ne se fera pas en six mois. Pour arriver au bout de ce processus, pour que nous soyons tous imprégnés de cette vision, je le dis par expérience, cela demande au moins dix ans. Dix ans, c’est déjà la croissance d’un arbre. Pour amener quelqu’un qui débute dans la foi pour arriver à ce caractère chrétien, du serviteur, du berger, il faut des années et des années de croissance.
D. La nécessité d’équiper
Lisons (Ephés.6/10). Dans ce passage l’apôtre insiste sur deux choses qui sont intéressantes, d’abord il commence par dire : « Fortifiez-vous dans le Seigneur » c’est ce que je viens de dire et ensuite il dit (v.16) : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu » C’est l’équipement, il y a plusieurs types d’équipements, les deux plus importants sont la Parole et les dons du Saint-Esprit. Le Mardi soir, nous nous engageons dans un enseignement suivi et systématique des Ecritures en alternance avec Benjamin. Cette année, un mois sur deux, j’étudierai avec vous l’épître aux Romains, paragraphe après paragraphe, parfois verset par verset. Cela nous fera découvrir les ressources de la Parole. Benjamin a commencé dans le livre des Juges. Puis il y a les ressources de l’Esprit, les dons spirituels qui sont des armes. La Parole nous donne les armes défensives, la ceinture, le bouclier, le casque et l’épée. Le Saint-Esprit est là pour remplir notre carquois de flèches.
Il faut s’équiper aussi avec des ressources techniques que ce soit dans le domaine de la communication, des médias, de l’évangélisation, des enfants. Il est nécessaire de se former aux techniques qui sont adaptées à chaque secteur dans lequel on est engagé. On ne peut pas faire les choses à la légère. Pour le travail parmi les enfants, on est obligé d’avoir les diplômes nécessaires et voulus par l’Etat. Nous serons obligés de respecter certaines réglementations. Il faudra que nous soyons formés d’après les ressources techniques. Tout cela dans un désir d’agir, de marcher ensemble.
E. Agir
Le premier temps de la marche est la vie de prières. Une église qui veut marcher est une église qui prie. La prière va la pousser en avant et ouvrir le chemin. L’arche de l’alliance précédait le peuple dans le désert ; la vie de prière et la vie de l’Esprit précèdent le peuple qui se met en marche. Des temps de jeûne et de prière seront établis au courant de cette année, on en a déjà une fois par mois le vendredi soir. On a passé des temps bénis ensemble. Nous voulons aller plus loin dans la prière.
Puis, il nous faut un esprit de consécration, d’engagement dans l’église : une consécration temporelle, je sais que c’est difficile pour chacun d’entre nous, de dégager du temps pour Jésus-Christ. Ce que je souhaite, c’est une consécration matérielle qui soit équilibrée et partagée, c’est à dire répartie entre plusieurs avec à terme l’espoir que chacun soit impliqué dans un service. Dans l’église, certains sont obligés de porter une double charge car d’autres ne portent pas la leur. Ils portent la charge pour laquelle ils ont reçu l’appel du Seigneur et ils portent la charge pour laquelle ils n’ont pas d’appel. Ils la portent car ils ont un devoir de responsabilité. Savez-vous ce qu’il arrive ? On leur dit : « Tu n’es pas à ta place, tu n’as pas l’Esprit pour le faire » mais si personne ne le fait, qui le fera ? C’est terrible de dire : « Tu n’es pas à ta place. » C’est fortement injuste.
Face au défi de Paris : être une église de combat. Soyons prêts à relever tous les défis qui sont devant nous avec cette vision. Qu’ensemble avec les ressources, les compétences qdont nous disposons, soyons prêts à être une église de combats, prête à relever les défis de Paris. Je rêve d'une église de première ligne, prête à se projeter dans cette ville et à répondre au signal de Dieu. Dans (Nb.10), l’organisation du camp est finie, et les trompettes d’argent retentissent avec éclat, c’était le temps pour Israël de se lever. Je prie pour que nous entendions les trompettes d’argent, sonnant avec éclat. Je prie pour que l’Eglise se lève en disant : « Maintenant, Tu nous envoies vers la conquête. »