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L’EGLISE DE JERUSALEM
Ce matin, nous retournons aux origines de l’église puisque nous allons nous intéresser au jour de la Pentecôte et à ceux qui suivirent. Le texte qui suit, fait référence à la vie de l’église de Jérusalem, au temps des apôtres :
« Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour, tous ensemble assidus au Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour ceux qui étaient sauvés. » (Act.2/42-47)
Il y avait au moins 120 personnes dans la chambre haute : les apôtres et ceux qui étaient avec eux. Mais il n’y avait pas que les 120, puisqu’au verset 41 il est parlé d’au moins 3000 autres qui avaient entendu la prédication de l’apôtre Pierre le jour de la Pentecôte. Nous croyons que cet ensemble de personnes et ces autres qui s’ajoutaient au fur et à mesure, représentent ce ‘Ils’. Si je devais donner un titre à ce message, je l’appellerais : « Je crois dans le modèle de l’église de Jérusalem ».
Il est question dans ce passage de la Bible, d’une église que nous n’appellerons pas « l’église mère », mais « l’église source », car elle est la première des églises. Notons d’ailleurs que c’est à la fin du verset 47 que le mot ‘église’ est utilisé pour la première fois dans les Actes des apôtres. Je crois dans le modèle que nous a laissé cette église de Jérusalem, fondée par les apôtres et le Saint-Esprit. Il est intemporel parce qu’il est le premier : il est le modèle par excellence. Il ne s’adresse pas simplement à une génération, même si les choses ont évolué à cause des événements de l’Histoire. Le modèle qui nous est présenté demeure toujours valable. Il est valable universellement, car quelle que soit l’ethnie, le modèle de l’église de Jérusalem doit être celui qui nous inspire tous.
Le texte que nous venons de lire n’est pas un texte de doctrine, c’est un texte descriptif de la vie et de l’organisation de l’église de Jérusalem. Il nous montre comment les chrétiens de Jérusalem au temps des apôtres, dans les semaines et les mois qui ont suivi la Pentecôte, vivaient leur foi ensemble et se retrouvaient ensemble. Il y a beaucoup à dire sur ce texte que je comparerai à un magnifique coffre dont on peut ouvrir les différents compartiments. Ces compartiments contiennent tous des trésors. Cet après-midi je voudrais me concentrer sur une idée en particulier : c’est une direction que je voudrais donner à l’église. Bien plus c’est une direction que le Seigneur donne à son Eglise.
Cette idée est énoncée dans le verset 46. Deux mots sans lien apparent y figurent, deux mots qui en fait se révèlent complémentaires : ce sont les mots ‘Temple’ et ‘maison’. Il est dit que : « Les chrétiens de Jérusalem se rassemblaient tous ensemble dans le même lieu ». Ce lieu était le Temple de Jérusalem. Mais ils se retrouvaient aussi d’une manière complémentaire et équilibrée dans les maisons. Je crois qu’il y a là un modèle pour les églises. Ce n’est pas parce que beaucoup d’églises dans le monde fonctionnent ainsi qu’il faudrait que nous fonctionnions nous aussi comme cela. Ce n’est pas non plus parce qu’à un moment donné, il m’est venu l’idée de vouloir organiser les choses ainsi. Je peux dire que le Seigneur m’a ramené à la simplicité de ce texte. Je crois que le modèle que nous avons là, celui de l’église de Jérusalem est un bon modèle pour notre église. Si cet équilibre du temple et des maisons était bon pour Jérusalem, il peut être bon aussi pour nous, pour notre ville de Paris, pour les villes du monde entier. Il est bon pour notre génération, pour notre vingt et unième siècle.
Regardons rapidement ce passage et la manière dont il est structuré. Nous voyons qu’au verset 42, il est surtout question du contenu, de la matière des réunions et de la vie de cette église de Jérusalem. Il est parlé premièrement de l’enseignement, car la Parole de Dieu doit avoir la première place. La prédication de l’Evangile doit se faire selon l’enseignement et l’autorité apostolique. Nous devons rester conformes à la doctrine transmise une fois pour toutes. Dans un même temps, la prédication de l’Evangile doit avoir la qualité de l’enseignement apostolique, qualité qui ne repose pas sur la façon de s’exprimer, mais sur l’onction et l’inspiration du Saint-Esprit. Paul disait aux Thessaloniciens « qu’il rendait grâce à Dieu qu’il ne leur avait pas prêché seulement en paroles mais avec puissance et avec l’Esprit-Saint, et avec une pleine persuasion. » (1 Thes.1/5) Il dit encore : « Vous l’avez reçue… comme la Parole de Dieu qui agit en vous qui croyez. » (1 Thes.2/13) L’enseignement a donc bien la primauté.
Il est ensuite question de la communion fraternelle, qui est importante dans l’église, car c’est elle qui nous unit. Elle nous rassemble, même si elle peut s’exprimer, selon la culture de chacun, d’une manière ou d’une autre. A Jérusalem elle s’est exprimée d’une façon très particulière : il est dit que certains en étaient arrivés à vendre leurs champs, leurs maisons (Act.4/32) Il ne s’agit pas là de quelques offrandes de dizaines ou centaines d’euros. Leur désir n’était cependant pas d’enrichir l’église, mais l’objectif de cette générosité, était l’entraide. Il est dit : « Il n’y avait parmi eux aucun indigent… » (Act.4/34) L’argent était partagé afin qu’aucun ne soit dans le besoin. Je crois qu’il relève également de l’honneur de notre église de veiller à ce qu’il n’y ait parmi nous aucun indigent. Je bénis le Seigneur pour le travail d’entraide sociale fraternelle qu’il y a au milieu de nous. Je ne peux qu’exhorter ceux qui le peuvent, à donner pour cette entraide. En faisant cela, nous ne faisons que reproduire ce que nos frères font depuis tant de siècles. Il est important aussi que nos frères et sœurs qui sont au milieu de nous, nous fassent connaître leurs besoins ! Nous ne pourrons peut-être pas tous les satisfaire, mais nous essaierons par la grâce de Dieu de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’indigent. Cela est important dans l’église de Jésus-Christ. L’église des Actes des apôtres était une église où tous veillaient les uns sur les autres de cette manière. Plus tard, nous voyons de même l’apôtre Paul prendre soin d’organiser des collectes en faveur des saints de Jérusalem. Il est important que nous puissions réaliser l’importance de ces choses.
La communion fraternelle se manifestait encore d’une manière très simple. Il est dit qu’ils se réunissaient avec joie et simplicité de cœur (v.46) Ils prenaient des repas ensemble. Il s’agit là d’un acte d’amour très simple : pouvoir entourer ceux qui sont là, accueillir ceux qui viennent dans notre église ou qui arrivent dans cette grande ville et partager ne serait-ce qu’un repas, une tasse de café ou de thé et pouvoir simplement dire : « Oui, nous sommes là dans cette simplicité » C’est quelque chose dont nous avons besoin les uns et les autres, pour nous unir dans la grâce du Seigneur.
Il y avait également la fraction du pain. Ce geste nous parle de l’adoration, de la Sainte Cène. Ils pratiquaient ensemble l’adoration mais aussi les prières. Il peut paraître étrange que les prières soient ainsi citées en dernier. Jésus n’a-t-Il pas dit pourtant que sa maison serait appelée une maison de prières ? La prière n’est citée qu’en dernière position, parce que la véritable prière est l’aboutissement solide de la communion fraternelle. La prière de la foi vient de l’écoute de la Parole de Christ, puisque la foi vient de la Parole de Christ. La prière de la foi, la prière efficace est celle qui est imprégnée, qui est attachée irrémédiablement au sacrifice de Christ, à l’adoration de Dieu, qui plonge ses racines dans la Croix de Golgotha. Mais la prière qui plaît à Dieu est aussi une prière qui naît dans la communion fraternelle. Quand deux s’unissent, sont en harmonie, Dieu bénit.
Après avoir parlé de la vie de l’église, il est parlé de son action au verset 43 : « La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. » Ce qui nous renvoie à Act.5/12 : « Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon. » Ces temps étaient certes extraordinaires, et il nous est parlé d’autres événements semblables, notamment dans le passage de Paul à Ephèse où il est dit que « Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu’on appliquait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps, et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient. » (Act.19/11-12) Mais il y a aussi des temps extraordinaires dans notre pays de France et dans d’autres pays du monde. Aujourd’hui Dieu agit encore, Il n’agit peut-être pas au milieu de nous avec autant de puissance que dans certains pays, mais cela ne nous empêche pas d’avoir toujours à cœur cette mission. La mission de l’Eglise est premièrement d’adorer Dieu, c’est vrai. Mais sa mission sur terre est de prêcher l’Evangile à toutes les nations. Notre message demeure le même, tout ce que nous voulons entreprendre dans l’église n’a qu’une seule finalité : le salut de ceux qui nous entourent. Cette église de Jérusalem reste ainsi un modèle pour nous, à la fois pour sa communion fraternelle, mais aussi pour l’action qu’elle entreprenait.
Il est parlé ensuite aux versets dans 44 et 46, de la structure et de l’organisation de la vie de l’église. Cela me permettra de répondre à certaines objections qui sont de plus en plus souvent lancées contre les assemblées. Certains affirment effectivement que la véritable église de Jésus-Christ ne peut pas se réunir dans de grandes assemblées, mais seulement dans des petits groupes. Ils en arrivent même à avoir des propos assez outrageants contre l’église de Jésus-Christ et contre ceux qui sont dans ces églises. Rappelons-nous que la Parole de Dieu est avant tout une parole d’équilibre.
Si nous lisons Act.2/44, il y est dit : « Tous ceux qui croyaient étaient dans un même lieu… » Ils étaient au moins 3000. S’ils étaient « dans un même lieu », cela signifie bien qu’à un moment donné, ils étaient tous ensemble. La Bible nous dit même qu’« … Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon. » Le portique de Salomon est d’après l’historien Flavius Joseph, le seul vestige de l’ancien Temple de Salomon qui demeurait dans le nouveau Temple. Cet endroit aurait été le lieu où Salomon rendait la justice. C’était en tous cas une magnifique esplanade, d’une rare beauté architecturale et qui pouvait accueillir une grande foule.
La première église était donc une « méga-église » qu’on le veuille ou non, puisqu’au premier jour ils avaient déjà 3000 membres et que quelques jours plus tard après la guérison du boiteux et la prédication de Pierre, ils étaient au moins 8000 (Act.3/1-11 et 4/5). C’était une grande église, mais ils se réunissaient tous ensemble dans le même lieu. Il nous faut sortir de certains modèles que l’on veut nous imposer, et revenir à la simplicité de la Parole de Dieu. Le modèle de l’église de Jérusalem est-il un modèle intemporel et universel ou est-ce que nous devons l’oublier ?
Ils se réunissaient donc tous ensemble dans le même lieu. Les Juifs et les chrétiens, les disciples de Jésus, se réunissaient car c’était l’heure de la prière à trois heures et demie. Ils venaient pour louer, pour adorer Dieu : c’est là le premier objet du rassemblement de l’église. Ils devaient aussi en profiter pour enseigner l’église. Après tout n’avaient-ils pas vu Jésus faire cela en Galilée ? Jésus n’avait pas repoussé les foules sous prétexte qu’ils étaient trop nombreux. Chaque fois qu’ils en avaient la possibilité ils annonçaient donc l’Evangile. La foule de 5000 est d’ailleurs venue à Christ après la prédication de Pierre. Ils annonçaient l’Evangile dans le Temple, mais ils l’annonçaient aussi dans les rues. Il nous est dit dans Act.5/15, que la foule s’empressait de mettre des malades là où Pierre passait, espérant que l’ombre de Pierre les couvre afin qu’ils soient guéris. L’Eglise dans son ministère d’évangélisation annonce l’Evangile non seulement dans ses assemblées mais aussi à l’extérieur. C’est là aussi le modèle que nous livre l’église de Jérusalem.
Le Seigneur sait qu’il est bon que nous puissions nous retrouver ensemble pour nous fortifier. Il est donc tout à fait possible de se retrouver à quelques centaines, ou milliers ou plusieurs dizaines de milliers, comme certains le font dans beaucoup de pays du monde pour louer, adorer Dieu, pour entendre la Parole et chacun peut y remplir son ministère. Nous sommes le peuple de Dieu, et à tous ceux qui disent que ce n’est pas la volonté de Dieu que nous nous retrouvions en grand nombre, mais qu’il nous faut seulement nous retrouver en petits groupes, je conseille de relire Apocalypse 7 : ils verront que là-haut dans la Présence de Dieu, autour de son trône, ce ne seront pas des petits groupes mais une multitude qui sera rassemblée devant le Seigneur, de toutes nations louant le Seigneur dans leurs propres langues. Nous serons tous ensemble car nous avons besoin d’être tous ensemble.
Mais Dieu est un Dieu d’équilibre : Il sait que nous avons également besoin de nous retrouver dans des groupes plus restreints. L’équilibre biblique se trouve entre le Temple et les maisons. Aussi avaient-ils l’habitude, après le temps passé auTemple, le soir venu certainement, de se retrouver dans les maisons. C’est le soir qu’ils faisaient la fraction du pain. Le terme de Sainte Cène, vient du mot latin : ‘Kena’, mot qui fait référence au repas du soir. Ils prenaient donc le pain et la coupe pendant le repas du soir avec simplicité et avec joie. Puis dans ces groupes de maison de prières, ils se retrouvaient pour s’exhorter, pour veiller, prier les uns pour les autres.
Nous voyons par exemple dans Act.12/12, un groupe se réunir dans la maison de Marie, la maison de Jean Marc, un des disciples de Paul et de Barnabas, pour prier pour Pierre lorsque celui-ci est en prison. Les groupes de maisons permettent ce regroupement des frères et sœurs, qui vont pouvoir ensemble s’épauler, s’exhorter, se consoler, se fortifier dans la foi. Ils permettent aussi d’apprendre à prier, car il n’est pas toujours facile de louer, de prier Dieu en public. Je crois que cet équilibre correspond tout particulièrement à nos grandes villes, car pour beaucoup nous avons à faire un long trajet pour venir jusqu’à l’assemblée. Il est bon que l’église puisse aussi se rapprocher. Nous devons nous retrouver tous ensemble dans un lieu commun mais il est bon de savoir que l’église peut se retrouver dans des lieux éclatés. Le même Esprit est sur chacun de ces lieux.
C’est le désir de notre cœur, car je crois dans le modèle de Jérusalem, d’avancer dans ce chemin et de permettre à beaucoup parmi nous de se retrouver dans des groupes de maison pour s’encourager, prier ensemble, et veiller les uns sur les autres. Ces maisons ne seront pas des lieux d’enseignement mais des lieux de partage, peut-être des lieux où des personnes nouvelles viendront entendre la Parole de Dieu, comme c’est déjà arrivé plusieurs fois. Le Seigneur a vraiment mis sur mon cœur, au travers de sa parole, mais aussi au travers d’une parole de Dieu apportée par un prédicateur, d’aller dans ce sens. Je crois que c’est important pour notre ville de Paris d’aller vers les gens et de nous donner la possibilité de nous retrouver. Je crois que le modèle de l’église de Jérusalem est un modèle complet et équilibré en terme de contenu : l’enseignement, la communion, l’adoration, les prières. Il est un modèle d’action d’évangélisation. Voilà un beau programme, il est riche, structuré, équilibré, un programme qui nous fortifie lorsque nous sommes tous ensemble, mais un programme qui a aussi soin du chrétien en particulier. Temple et maisons, voilà ce que nous avons besoin de vivre ensemble comme beaucoup d’églises dans le monde, le vivent aujourd’hui.
Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui beaucoup d’églises le font que nous devons le faire, mais parce que dans cette ‘église source’ de Jérusalem, Dieu a montré aux apôtres que c’est là ce qu’ils devaient pratiquer. Alors nous pouvons nous battre sur bien des modèles, il en est un qui demeure notre référence : celui de l’église de Jérusalem. Si vous avez besoin de vous en convaincre reprenez l’étude de ces quelques versets et laissez le Seigneur vous parler. Si vous êtes convaincus, alors rejoignez-nous dans les groupes de maisons, la jeunesse de l’église et vous aussi devenez un membre actif, engagé dans la croissance de l’église, dans la prière, l’encouragement, dans l’entraide, afin qu’ensemble nous puissions être bénis.
Je crois que cette église de Jérusalem est un modèle pour notre église ici à Paris. Gloire à Dieu ! Que le Seigneur puisse ainsi bénir notre projet !
AMEN.