
Série: Qui dîtes-vous que je suis?
JESUS LE SEIGNEUR
Le titre de cette prédication est très simple : Jésus le Seigneur. Nous allons ainsi essayer encore une fois de répondre à cette question que Jésus nous adresse : « Qui dites-vous que je suis ? »
Il existe deux confessions de foi dans l’Evangile de Jean : dans Jean 6/69, l’apôtre Pierre dit à Jésus : « … Tu es le Christ le Saint de Dieu. » Puis à la fin de cet évangile, Thomas put dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Lisons dans l’évangile de Jean le passage qui correspond à cette dernière confession : (Jn. 20/24-29) « Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté je ne croirais point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison et Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! Puis Il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains, et mets-le dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! »
Il arrive souvent que l’importance de cette parole de Thomas soit un peu minimisée, à cause du contexte dans lequel elle a été énoncée. On parle de l’incrédulité de Thomas, et comme Jésus a dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru », on peut penser que cette parole n’est pas si importante. Ce qui est faux. Si ce que Pierre a dit était important : « Oui, Jésus est le Christ ! », ce que Thomas a dit, l’est tout autant. Il est vrai cependant que Thomas n’a pas été inspiré du Saint-Esprit, mais qu’il l’a dit en voyant Jésus.
Arrêtons-nous sur le contexte dans lequel cette parole a été donnée : la résurrection du Seigneur a eu lieu depuis une semaine seulement, et c’est la première fois que Thomas voit Jésus ressuscité. C’est cette évidence de la résurrection de Jésus, preuve que tout ce que Jésus avait dit est vrai, qui l’amène à dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il ne peut plus que conclure que Jésus est bien plus qu’un homme, bien plus qu’un prophète, Il est son Seigneur et son Dieu.
De tous les titres que nous pouvons associer à la personne de Jésus (prophète, serviteur de Dieu, grand prêtre, Christ), celui de Seigneur est celui qui décrit le mieux sa situation actuelle. Cette situation est ainsi décrite : Il a été élevé ; Il est assis. Ces deux verbes décrivent la Seigneurie de Jésus : élevé, exalté, assis est celui qui règne.
« Tu L’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur et tu as mis toutes choses sous ses pieds. » (Hébreux 2/7-8)
Le premier verbe « abaisser » marque un mouvement descendant. Jésus est celui qui a été abaissé, humilié. L’apôtre Paul décrit cette humiliation dans Philippiens 2/5-11. « Lequel existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal à Dieu, mais Il s’est dépouillé… » Le mot « dépouillé » en grec a donné « Kinoze » qui veut dire : vidé. Par amour pour nous, le Fils de Dieu a accepté de quitter cette position de gloire qu’Il occupait de toute éternité, pour venir parmi nous. « Dépouillé » ne veut pas dire qu’Il n’est plus Dieu, - Jésus demeure Dieu -, mais qu’Il a abandonné sa gloire pour paraître comme un simple homme.
L’apôtre Jean nous dit au début de son évangile : « Au commencement était la Parole, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. » (Jn.1/1-2) Puis il est dit : « Et la Parole s’est faite chair… » (Jn.1/14) C’est la deuxième étape du processus d’humiliation du Fils de Dieu : Il s’est incarné. Pour celui qui est Dieu Créateur, la Parole vivante, prendre un corps d’homme est une humiliation. Lui qui est infini, parfait en toutes choses, a accepté de s’incarner dans le corps d’un bébé. Quelle preuve d’amour ! Un corps fini, un corps faible, limité. Il n’et pas né parmi les riches, parmi les puissants, mais Il est né dans une étable, dans le petit village de Bethléem, dans la famille d’un charpentier de Nazareth.
Troisième étape de son humiliation : Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Il fut appelé l’homme de douleurs, habitué à la souffrance. Dès le début de son ministère, baptisé par Jean-Baptiste, et jusqu’à l’accomplissement de son œuvre, Il a porté nos souffrances et s’est chargé de nos iniquités. Sa vie fut marquée par la souffrance et dans le jardin de Gethsémané, Il connut l’agonie.
La quatrième étape de son humiliation est la mort. « Il s’est humilié Lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort… (et l’apôtre Paul ajoute) même jusqu’à la mort de la Croix. » (Phil.2/8) La mort de Christ n’est pas simplement la mort, mais est la mort de la Croix. C’est une mort terrible, le pire des châtiments de l’époque, celui que l’on réservait aux traîtres, aux esclaves ou aux bannis. Chez les Juifs c’était la mort des maudits : « Quiconque est pendu au bois est maudit. » (Deut.21/23) Si Jésus a accepté cet abaissement, cette mort et ces souffrances, c’est, nous le savons, par amour pour nous, parce que nous étions ces maudits placés sous la malédiction du péché et de la condamnation. A la Croix Il a pris notre malédiction.
Mais son abaissement ne s’arrête pas à la croix : Il a accepté de descendre dans le séjour des morts. Nous ne croyons pas que Christ soit descendu aux enfers. Non, Il est descendu dans le séjour des morts, dans le sein d’Abraham, là où étaient réunis tous ceux qui étaient dans l’attente du Messie. Il est allé à la rencontre de ces hommes, de ces femmes de foi et Il s’est emparé des clés du séjour des morts. Il a brisé les portes du séjour des morts, comme Il avait pu le dire à Pierre : « Les portes du séjour des morts ne prévaudront plus pour mon Eglise. » Et aujourd’hui, nous, peuple de Dieu, nous savons que lorsque nous mourrons, nous ne regarderons pas vers le bas en disant : « Mon âme descendra dans le séjour des morts. » mais nous regarderons vers le ciel en sachant que si notre corps va dans la tombe, notre âme, elle, va vers le Seigneur.
Par amour pour nous, Jésus s’est humilié, mais Dieu n’a pas permis que son saint voie la corruption. Après avoir connu la souffrance, le Père a jugé qu’Il était digne d’être élevé : Il envoya son esprit pour le relever d’entre les morts et au troisième jour, Christ ressuscita. C’est là que le Seigneur fut élevé. Le quarantième jour après sa résurrection, le Seigneur était avec ses disciples sur la montagne, lorsqu’Il commença son ascension. Les disciples le virent s’élever dans la gloire de Dieu jusqu’à ce qu’une nuée vienne le dérober à leurs yeux.
La résurrection, puis l’ascension, et enfin la Session qui signifie s’asseoir. Ce dernier terme est très important. Christ s’est assis à la droite de la majesté de Dieu. Il s’est assis sur le trône de Dieu. La dernière étape de son exaltation nous concerne car elle ne s’est pas encore accomplie, il s’agit de celle de son retour. L’ange avait dit aux disciples sur la montagne : « … Il reviendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. » (Act.1/11) Oui, Jésus reviendra mais non comme un enfant faible. Il reviendra comme Seigneur glorieux, puissant, accompagné des armées des anges et toutes les nations le verront. Les hommes confesseront qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu. Nous avons parlé de l’humiliation du Fils de Dieu jusqu’à cette résurrection qui l’a amené à cette position de gloire. Le Serviteur humble et souffrant sur la terre, est devenu Seigneur glorieux et tout-puissant dans les cieux.
Je voudrais maintenant donner plus de précisions sur ce titre de Seigneur. « … Personne ne peut dire que Jésus est Seigneur, si ce n’est pas le Saint-Esprit. » (1 Cor.12/3) Que veulent dire ces propos tenus par l’apôtre Paul ? Pour dire que Jésus est Seigneur, y a-t-il besoin d’une révélation ? Encore une fois, il faut se replacer dans le contexte : le titre de Seigneur avait à cette époque une connotation très forte. Ce titre n’était réservé qu’à quelques-uns. Affirmer que Jésus était Seigneur, c’était prendre parti pour lui, face à tous les autres. Ceux qui disaient que Jésus était Seigneur, ne le disaient pas gratuitement, car cela pouvait avoir des conséquences.
Ce titre de Seigneur est très important, chez les Juifs tout particulièrement. « Seigneur » ou en hébreu « Adonaï », est le titre qui, dans l’Ancien testament, est réservé à Dieu. Pour un Juif, dire que Jésus est Seigneur, c’est dire que Jésus est « Adonaï » et donc que Jésus est Dieu. Chez les Grecs et les Romains l’usage du terme de « Seigneur » était assez semblable.
Nous lisons dans 1 Cor.8/5-6 : « Car s’il est des êtres qui sont appelés dieux (les Grecs et les Romains n’en manquaient pas) soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. » D’un côté nous avons plusieurs seigneurs, plusieurs dieux chez les païens ; de l’autre, nous avons un seul Dieu, un seul Seigneur.
La rencontre de ces deux approches du terme ne pouvait que conduire à une confrontation spirituelle. Cette confrontation nous rappelle celle de Moïse et de Jannès et Jambrès, les magiciens d’Egypte (2 Tim.3/8) Cela nous rappelle également Elie sur le Carmel face aux prophètes de Baal et d’Astartés. Nous pouvons penser aussi au combat que mènent ceux et celles qui font face aux divinités païennes, à l’Animisme, au Bouddhisme, l’Hindouisme, l’Islam. La différence toutefois entre Moïse, Elie et les missionnaires d’aujourd’hui, c’est que depuis le temps des prophètes, il y a eu Jésus. Jésus a tout changé parce qu’Il a vaincu les seigneuries païennes et les dieux à la Croix. « Jésus a dépouillé les dominations, les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la Croix. » (Col.2/15) A la Croix Jésus a écrasé la tête de l’ennemi, la tête du serpent. Celui-ci lui a peut-être mordu le talon, comme il est écrit dans la Genèse, mais Jésus a triomphé. Nous ne voyons pas encore ce triomphe d’une manière éclatante, mais au nom de Jésus les démons tremblent et les divinités païennes tombent, tout comme Dagon, le dieu des Philistins, tomba en présence de l’Arche de l’Alliance.
C’était donc aussi bien une confrontation spirituelle et religieuse, qu’une confrontation politique, car à l’époque des apôtres, le titre de « Seigneur » était réservé, exclusivement, à l’empereur de Rome. ‘Kurios’ ‘Kaïsar’ Seigneur, César. Au début, l’empereur était regardé comme un dieu après sa mort. Ce fut le cas de Jules César, d’Auguste. A la fin du premier siècle, à l’époque de Domitien, de Jean et de la rédaction de l’Apocalypse, il plut à l’empereur de se faire diviniser de son vivant : il estimait être dieu, être Seigneur. Dire que Jésus était Seigneur revenait à dire que le véritable Seigneur n’était pas celui qui était à Rome, mais bien celui qui est dans les cieux. On peut imaginer les tensions que cela a pu produire. Malheureusement les empereurs romains, même les plus brillants comme Marc-Aurèle, n’ont pas compris l’Evangile. Jésus n’a cependant jamais revendiqué le trône des Césars passés ou présents. N’a-t-Il pas dit : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. » Devant Pilate, Il dit même : « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » Le trône de Jésus est un trône bien plus élevé, il est dans les cieux auprès de Dieu.
Je voudrais vous rappeler l’enseignement général des épîtres au sujet de ceux qui nous gouvernent. L’apôtre Paul nous enseigne le respect pour ceux qui nous gouvernent, qu’ils soient roi, président ou premier ministre : « … Craignez Dieu, honorez le roi. » (1 Pier.2/17) Paul enseigne également la soumission aux lois, aux magistrats et aux impôts (Rom.13/1-7). La Parole de Dieu reste d’actualité. L’apôtre Paul nous invite enfin à prier pour nos dirigeants : « J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces pour … tous les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité (nos autorités) afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. » (1 Tim.2/1-2) Le chrétien véritable n’est ni anarchiste, ni révolutionnaire, mais il est par contre un agent d’influence positive dans la société : il est sel et lumière.
Considérons deux pays proches et pourtant si éloignés : la France et l’Angleterre. Au 18ème siècle, la France était le pays des lumières : Voltaire, Rousseau, Diderot, les philosophes. L’Angleterre, elle, connut le siècle des réveils, des grands prédicateurs, les Méthodistes, Knox, Whitefield, John Wesley. L’aboutissement du siècle des philosophes fut la Révolution, la guillotine, les massacres de Vendée, les guerres, l’empire, et toutes les révolutions qui ont marqué le 19ème siècle. La colonne qui est sur la place de la Bastille en témoigne. L’Angleterre, par contre, fut marquée par la prédication de l’Evangile et connut presque deux cents ans de croissance extraordinaire, de développement social, qui firent d’elle la première des nations dans ce monde. Deux nations très proches donc, mais animées d’un esprit totalement différent. En Angleterre, des hommes ont été sel et lumière et ils ont changé l’Histoire de leur pays. C’est ainsi que nous devons agir, nous aussi, en tant que chrétiens.
Je voudrais maintenant m’arrêter sur le règne du Seigneur. En quoi consiste ce règne ?
- Le règne de Jésus est une position. L’épître aux Hébreux dit à plusieurs reprises : « Il est assis à la droite de Dieu » L’apôtre Paul dit dans Eph.1/20 : « Il l’a déployé en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes. » Il est assis sur le trône de la majesté divine. (Ps.110/1) : « Assieds-toi à ma droite… » Celui qui est assis sur le trône règne. Un roi qui règne n’est pas un roi qui agit dans la démesure, dans l’agitation. Jésus est sûr de son règne, Il est assis sur le trône de Dieu dans une position de repos et de foi. Assis à la droite de Dieu, « Il attend que ses ennemis soient son marchepied. » (Héb.10/13) Jésus ne combat plus, Il a combattu une fois à Golgotha, Il a remporté la victoire une fois pour toutes et Il attend que Son règne se manifeste.
- C’est aussi une position d’autorité : « Il est à la droite de Dieu, depuis qu’Il est allé au ciel, et que les anges, les autorités et les puissances lui ont été soumis. » (1 Pier.3/22) Les anges qui ont été fidèles à Dieu, ainsi que les principautés, les dominations, les esprits méchants, dans les lieux célestes comme sur la terre, tous sont soumis à Jésus-Christ. Nous ne le voyons pas encore, c’est vrai, mais les démons tremblent au nom de Jésus. C’est une position de domination car Dieu a tout mis sous ses pieds (Eph.1/20-22).
Quand je parle du règne de Jésus, il y a deux temps : le temps présent où Christ est souverain de l’Eglise. A travers elle, le Seigneur règne sur le monde dans l’attente du jour où toutes choses lui seront soumises. Puis viendra un second temps, au cours duquel la souveraineté de Jésus deviendra éclatante : c’est le temps de son retour. « Le septième ange sonna de la trompette. Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient : Le Royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ ; et Il règnera aux siècles des siècles… en disant : Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout-Puissant, qui est, et qui était, de ce que tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne. » (Apoc.11/15-17) Le Seigneur paraîtra, tout œil le verra, tout genou fléchira devant lui et toute langue confessera qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu, notre Père. Pendant mille ans le Seigneur établira un règne de justice, de vérité, de paix sur ce monde. Il remettra ensuite ce règne à son Père pour l’éternité.
Le règne de Jésus aujourd’hui est avant tout le règne dans l’Eglise. C’est vrai que Jésus règne au-delà de l’Eglise, Il règne sur tout l’univers. Il soutient toutes choses par sa Parole puissante. Les lois de la mécanique générale, les lois de l’infini petit, sont toutes soutenues par la Parole de Christ. Il est écrit qu’Il a reçu tout pouvoir (Mat.28/18), mais ce qui est important, c’est son règne dans l’Eglise. L’Eglise est le centre de son règne. Quant à nous, membres de l’Eglise, nous sommes ceux qui connaissons et reconnaissons, mais aussi croyons et confessons la Seigneurie de Jésus. Nous lui sommes soumis et prenons part à son règne. C’est une promesse : quand Jésus reviendra, nous règnerons avec lui. « Si nous persévérons, nous règnerons avec Lui. » (2 Tim.2/12) C’est une promesse à venir, mais spirituellement nous commençons déjà à régner aujourd’hui. « Il a fait de nous un Royaume… » (Apoc.1/6) En déversant les arrhes du Saint-Esprit au milieu de nous, Il nous a rendu participants de son règne.
Chaque membre de l’Eglise doit reconnaître Jésus comme le Sauveur du monde, mais aussi comme son Seigneur. Nous pouvons dire comme Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Nous devons d’abord comprendre que « Jésus est celui qui a reçu le nom qui est au-dessus de tout nom. » (Phil.2/9) Son nom est celui d’Adonaï : Jésus est Seigneur, Il est Adonaï. Il a reçu son nom du Père. Pour comprendre ce que nous devons faire de ce nom, lisons Romains 10/9-10 : « Si tu confesses de la bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut… »
Il y a deux choses :
- Croire en la Résurrection de Jésus. Il y a des hommes qui peuvent apprécier la mort du Seigneur et y voir un témoignage de fidélité. Mais croire dans la mort de Jésus à Golgotha n’est pas suffisant, car Jésus n’est pas le seul qui soit mort pour ses convictions. Des philosophes, les hommes politiques, sont morts eux aussi pour leurs convictions. Par contre, il n’y en a qu’un qui est ressuscité et c’est Jésus. Il est important par-dessus tout de croire en la résurrection de Jésus, de croire qu’Il a vaincu la mort. Cela fait de lui un être tout à fait unique.
- Croire dans la résurrection de Jésus n’est cependant pas encore suffisant. Dieu nous demande de confesser de notre bouche que Jésus est Seigneur. Aux yeux de Dieu, c’est là la confession de foi par excellence. Je confesse que Jésus est Seigneur devant Dieu, qu’Il est Adonaï et en le confessant, je lui dis : « Seigneur, je t’abandonne ma vie, je me rends obéissant, fidèle, je m’engage envers toi ». Voilà tout ce qu’être Seigneur signifie.
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Essayons à présent de comprendre ce que signifie : « Personne ne peut dire : Jésus est Seigneur si ce n’est par l’Esprit-Saint » (1 Cor.12/3). A l’époque de l’apôtre Paul, dire que Jésus est Seigneur c’était donc se démarquer de tous. Une génération après celle de Paul, les fonctionnaires romains et même les habitants des villes devaient posséder un certificat signé par les autorités administratives, attestant de leur venue au pied de l’idole de César : ils devaient ainsi venir chaque année pour dire qu’il était Seigneur et lui offrir un sacrifice. Sans cette attestation, travailler était impossible, et l’on risquait la prison, la torture et le martyre. A l’époque, confesser sa foi et dire que Jésus est Seigneur, signifiait donc prendre parti. Je me rappellerai toujours, lors d’un séjour à l’école biblique à Tizi-Ouzou en Kabylie, en Algérie, de cette jeune femme de 26 ans, convertie à Jésus-Christ depuis quelques mois. Elle avait fait des études de droit et était sur le point de passer son examen d’entrée au barreau. Elle devait être bientôt avocate, mais savait qu’elle ne pourrait pas le faire, parce que pour devenir avocate il lui aurait fallu jurer sur le Coran. Pourtant sa famille était musulmane, son père et sa mère avaient beaucoup investi en elle. Mais à quelques semaines de réussir, elle ne le pouvait plus parce que son Seigneur était devenu Jésus-Christ.
Ne croyons pas que ces histoires soient des choses qui appartiennent au passé, car pour bien des frères et des sœurs dans le monde, confesser publiquement que Jésus est leur Seigneur, est un véritablement engagement. Pour toi aussi, sur ton lieu de travail, parmi tes amis, tu peux être amené à confesser que Jésus est ton Seigneur. Cela t’amènera aussi à te démarquer, peut-être même mis à l’écart, parce que tu ne partages pas les mêmes intérêts, le même Seigneur que ceux qui sont autour de toi. Mais toi, tu appartiens à Jésus-Christ.
Confesser la Seigneurie de Jésus, c’est aussi vivre avec Jésus dans le ciel. Il y a quelques semaines, nous avons parlé de Jésus le grand Prêtre, celui qui nous amène de la Croix de Golgotha jusqu’au trône de Dieu. Il est notre précurseur, notre médiateur, notre garant, tel est là le langage de l’épître aux Hébreux. Il est celui qui nous permet d’entrer dans la Présence de Dieu, de nous approcher de son trône. « Il nous a ressuscité ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. » (Ephés.2/6) Jésus le Seigneur, lui, nous fait asseoir sur ce trône. Plus exactement, c’est Dieu le Père qui nous a fait asseoir. C’est un passé, quelque chose de fait, de réalisé. Ayant cru en Jésus, nous sommes assis dans les lieux célestes.
Le meilleur moyen pour progresser dans la foi est de suivre Jésus, mais aussi d’apprendre à le connaître de mieux en mieux. Rappelez-vous le parcours que nous avons suivi : nous étions sur les routes de Galilée avec Jésus le prophète, nous l’avons suivi jusqu’à la Croix et là nous avons découvert Jésus le serviteur de Dieu. En allant plus loin, Jésus le grand prêtre s’est révélé comme étant celui qui nous introduit dans les lieux célestes. Maintenant Jésus le Seigneur nous fait asseoir sur le trône de Dieu ! Si vous voulez grandir dans la connaissance de Dieu et dans votre foi, ce n’est pas en multipliant les exhortations, ou à force de piété que vous y parviendrez. Mais il vous faudra plutôt apprendre à connaître Jésus avec votre cœur. Laissez le Seigneur vous conduire : Il vous prendra là où vous êtes et vous amènera jusqu’au trône de Dieu, pour vous faire asseoir sur son trône. La vie de Jésus est en nous, nous participons à son exaltation, à son règne et nous sommes assis en Jésus, notre Dieu, notre Seigneur.
Être assis sur le trône de Dieu change la vision du monde, modifie les perspectives. Nous avons parfois une vision des choses semblable à celle des dix espions partis explorer Canaan. Nous nous sentons bien souvent aussi petits qu’une sauterelle face à nos problèmes qui, eux, ressemblent à des géants. Si nous sommes assis sur le trône de Dieu, alors nos problèmes peuvent vraiment devenir aussi petits, voire plus petits encore que des sauterelles. Tel est le repos de la foi. Rappelons-nous que lorsque la barque était prise dans la tempête, Jésus, lui, dormait tranquillement. Jésus ne combat plus : Il est assis, Il règne et Il attend que toutes choses lui soient soumises. Au lieu de nous débattre, de nous agiter dans tous les sens, asseyons-nous avec le Seigneur dans ce repos de la foi. Étant assis en Jésus, nous trouverons une puissance : être assis en Jésus, c’est aussi participer à son autorité et à sa domination. Le plus dur pour nous n’est pas de combattre l’ennemi, mais de confier toutes choses au Seigneur. Nous devons apprendre à dire : « En toi, je me repose, sur toi, je me repose et le reste tu t’en occupes. » C’est là la volonté de Dieu pour nous
Le titre de Seigneur nous donne ainsi accès à des réalités encore plus grandes sur la personne de Jésus. En parlant de Jésus le Seigneur, nous touchons à ce qui est divin. Au-delà du titre de Seigneur, d’Adonaï, qui désigne ce qu’Il fait, Il est exalté, Il règne et Il est Dieu. Jésus est le Fils de Dieu. Ce sera là le thème de notre dernière prédication sur ce sujet.
Les docteurs parlent, c’est leur langage, du transfert illimité des attributs de Dieu à Jésus. Tout ce que la Bible dit concernant Dieu le Père est transféré, appliqué d’une manière illimitée, au Fils, à Jésus qui est ‘Adonaï’ lui aussi. Ce que le Père est, le Fils l’est aussi pleinement. Dieu cependant est Esprit, mais dans le ciel le Fils, lui, n’est pas Esprit. Celui qui est assis sur le trône de Dieu est à la fois Dieu, mais Il est aussi homme pour toute l’éternité. Ceci est pour nous un mystère extraordinaire. Mais c’est aussi le plan de Dieu qui se manifeste au travers de ce mystère : Jésus est le premier d’entre nous et par sa puissance, Il nous rend participants de la nature divine, car son esprit est en nous. Jésus nous communique la nature de Dieu dès aujourd’hui sur cette terre. La nature de Dieu agit en toi. Si les hommes cherchent parfois à devenir Dieu et à prendre sa place, la Bible nous dit que Dieu, lui, vit dans nos vies pour nous rendre semblables à lui.
AMEN.