Le corps humain : image de l'Eglise (1e partie)

Culte du dimanche 22 juin 2008
Par André Boulagnon - Publié le Dimanche 22 juin 2008    
Je vous propose une lecture dans 1 Corinthiens 12/12-27 : « 12.12 Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ. 12.13 Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. 12.14 Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. 12.15 Si le pied disait: Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps-ne serait-il pas du corps pour cela? 12.16 Et si l'oreille disait: Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps, -ne serait-elle pas du corps pour cela? 12.17 Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat? 12.18 Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. 12.19 Si tous étaient un seul membre, où serait le corps? 12.20 Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps. 12.21 L'œil ne peut pas dire à la main: Je n'ai pas besoin de toi; ni la tête dire aux pieds: Je n'ai pas besoin de vous. 12.22 Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires; 12.23 et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur, 12.24 tandis que ceux qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, 12.25 afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. 12.26 Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. 12.27 Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »

Nous allons parler en trois temps du corps humain : image de l’Eglise. Le corps humain est une illustration d’unité et de diversité. Le corps est un, bien qu’il se compose de plusieurs membres. Même si les chrétiens sont différents et remplissent des fonctions différentes, ils ne constituent qu’une unité fonctionnelle : le corps. Les mots : « Ainsi en est-il de Christ » (v.12) pourraient être traduits par : « Ainsi est le Christ » c’est-à-dire une parfaite unité, dans une sorte de diversité parmi les membres. Le Christ ne désigne pas seulement le Seigneur Jésus- Christ glorifié dans les cieux mais également la « Tête du corps de Christ. » qui est dans les cieux et ses membres qui sont sur la terre tout cela forme le corps de Christ. De même que le corps humain est le support par lequel une personne se fait connaître, ainsi le corps de Christ est le moyen par lequel le Seigneur a choisi de se faire connaître au monde, par l’Eglise locale et par l’Eglise universelle (l’Eglise universelle n’a pas d’adresse, ce sont les Eglises locales qui forment l’Eglise universelle). C’est donc par le moyen des Eglises locales que le Seigneur se fait connaître aux autres.

Dans le verset 13 l’apôtre Paul explique comment on devient membre du corps de Christ : « Nous avons tous, en effet, été baptisés en un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. » Si nous acceptons le fait que la diversité soit essentielle à un corps humain normal et sain, nous serons gardés de deux dangers :
- De nous déprécier nous-mêmes, c’est ce qu’il développe dans les versets (v.15-20)
- De déprécier les autres, c’est ce qu’il développe dans les versets (v.21-25)
Donc, Dieu a voulu qu’il y ait plusieurs membres, mais un seul corps. Cette vérité tombe sous le sens quand on considère le corps humain ; elle devrait également nous être évidente quant à notre service dans l’Eglise.

En parcourant les Evangiles, nous pouvons remarquer qu’il y seulement deux occasions où Jésus emploie le mot ‘Eglise’ dans (Mat.16/18) : « Et Moi, Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai Mon Eglise et que les portes du séjour des morts, ne prévaudront point contre elle. » Et dans (Mat.18/17) : « S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il refuse d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. » Est-ce à dire que Jésus n’en ayant parlé que deux fois, n’en faisait que peu de cas ? Non, pas du tout ! Au contraire, tout Son enseignement est orienté vers la communauté qui rassemblera Ses disciples après Son départ. Jésus n’a jamais voulu former des ascètes ou des ermites. Les ermites ne doivent pas exister dans nos Eglises de Pentecôte. Ce terme de ‘ermite ou ascète’ est une bonne chose pour certains, mais cela risque d’isoler beaucoup de gens qui n’ont besoin que ‘de leur petit bon Dieu, de leurs petites Bibles dans leur petit coin’. Je crois que nous avons tous besoin les uns des autres et pour que les angles s’arrondissent on a tous besoin de se frotter les uns aux autres.

Le tableau de la vie chrétienne normale tel qu’il se dégage des Evangiles est inséparable de son cadre normal : la communauté chrétienne. On ne peut pas vivre sans elle, sans une commune union. Chaque fois que Jésus évoque les relations entre frères et sœurs, Il s’adresse donc à l’Eglise, lorsqu’Il voulait révéler à Ses disciples des vérités qu’ils étaient encore incapables de comprendre, quand Il était encore ici-bas, Il utilisait des images et des paraboles. Je pense qu’aujourd’hui encore Il emploierait des images que tout un chacun comprendrait. Celles-ci se gravaient dans les mémoires pour en resurgir intactes le jour où l’Esprit les aurait conduits dans toute la vérité. Nous citerons sept images qui illustrent chacun des aspects de l’Eglise :
1) Le Royaume : la collectivité humaine organisée,
2) Le troupeau : les relations entre la collectivité et Jésus-Christ,
3) La plante qui croît : les lois de la croissance,
4) La vigne : à propos d’Israël : la dépendance de Christ (cep et sarments),
5) L’édifice : la construction de l’Eglise, c’est Jésus qui la construit,
6) L’épouse : les relations d’affection avec Christ,
7) Le corps : les différentes fonctions de l’Eglise.

Le corps
L’image, à la fois la plus fréquente et la plus développée de l’Eglise, est sans contexte celle du corps, à tel point que l’on désigne souvent l’Eglise par l’expression : ‘Corps de Christ’. Le Seigneur n’emploie jamais explicitement cette image. Par contre, l’apôtre Paul l’emploie moult fois dans plusieurs de ses lettres : il nous dit que les chrétiens :

- Sont baptisés en un seul corps (1 Cor.12/13)
- Forment un seul corps (1 Cor.10/17) 
- Sont un seul corps en Christ (Rom.12/5)
- Sont le corps de Christ (1 Cor.12/27) 
- Sont les membres du corps de Christ (Eph.4/25)
- Sont les membres de Christ (1 Cor.6/15)
- Sont les membres les uns des autres (Rom.12/5 ; Eph.4/25)
- Sont appelés à former un seul corps (Col.3/15)
- Sont membres d’un même corps avec les Juifs (Eph.2/16, Eph.3/6)

L’Eglise est le corps de Christ : (Col.1/24 ; 1 Cor.12/4-27 ; Eph.4/15-16)
Christ est la tête du corps : (Col.1/18 ; Eph.1/22-23 ; 5/22-23 ; Col.2/19 ; Eph.4/15-16). Lorsque Christ habite dans les croyants, alors ces derniers se trouvent tous ensemble en Christ, dans une nouvelle vie, une nouvelle communion, dans une nouvelle commune union, Il agit efficacement en tous, il n’y a pas de grands et de petits et cette communion doit pouvoir exister entre chacun des membres du corps de Christ. Partant de là, il n’y a qu’un pas pour considérer la vie de Christ comme la vie de Son Corps et un pas de plus encore pour considérer l’ensemble de la communion des croyants avec Christ (l’Ekklésia) comme le corps de Christ et les croyants comme Ses membres.

Nous ne ferons pas une étude théologique de la notion du corps du Christ qu’avait l’apôtre Paul, mais nous nous limiterons à quelques considérations élémentaires et pratiques surtout que nous pouvons déduire de l’image employée par l’apôtre Paul. Quelles notions pouvons-nous tirer de cette image ? Il faut être pratique.

A. Le corps est une unité indivisible

Dans les six autres images que nous avons déjà mentionnées, l’unité indissoluble entre Christ et l’Eglise apparaissait moins clairement, par exemple : le roi et ses sujets, le berger et son troupeau pouvaient être dissociés. Dans une plante même on peut couper des branches sans forcément grand dommage pour l’ensemble, mais dans un corps on voit qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec lui, pourquoi ? Parce que dans un corps, sitôt que l’on touche à un organe, la santé générale est compromise. Si on ampute un membre, pour ma part j’ai été amputé deux fois, le corps est mutilé. Si on dissocie la liaison tête-corps ou que l’on endommage un organe essentiel, la vie s’en va progressivement. Ainsi une Eglise ne vit qu’aussi longtemps qu’une relation vivante est maintenue avec Christ, la tête de l’Eglise et que l’unité essentielle entre ses membres est sauvegardée. Toute atteinte à cette unité, dans un sens ou dans l’autre met la vie de l’Eglise en danger.

B. Le corps est une unité complète en lui-même

Vous et moi, nous sommes des unités complètes. Le corps est une entité complète qui se suffit à elle-même. Dieu a disposé dans le corps tout ce qui est nécessaire à sa vie. Le corps peut se nourrir, se mouvoir, travailler, réfléchir, sentir, vouloir… et il n’a besoin pour toutes ses fonctions que d’un peu d’air, d’eau et de nourriture. Notre corps est une véritable usine, c’est extraordinaire. Il ne réclame l’aide et les soins d’autrui que dans les premiers stades de son existence et en cas de maladie. La Parole de Dieu applique l’image du corps tantôt à l’Eglise universelle, tantôt à l’Eglise locale (Eph.1/23 ; 1 Cor.12)

L’Eglise locale constitue une entité complète en elle-même, qui n’a vraiment besoin de l’aide des autres corps locaux qu’à ses débuts ou en cas de crise. L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens, à leur Eglise locale (1 Cor.1/6-7) : «…qu’ils ont été comblés de toutes les richesses qui concernent la Parole et la connaissance… » Certes les relations avec d’autres Eglises sont, pour la communauté locale, une source précieuse d’enrichissement et de renouvellement spirituels, mais, même si une Eglise était livrée à elle-même, isolée du reste du monde, elle pourrait avec la Parole de Dieu et la prière, subsister et croître malgré tout. L ‘Histoire l’a maintes fois prouvée. (2 Pier.1/3) dit : « L’Eglise possède tout ce qui contribue à la vie et à la piété. » grâce aux divers dons et aux ministères que le Seigneur lui accorde. Une Eglise saine n’a pas besoin de l’aide du monde. Une Eglise majeure refusera d’être aidée par une autre tête que Jésus-Christ Lui-même. Je sais que Dieu se sert des hommes, j’ai souvent dit : « Seigneur, si Tu t’étais servi des anges au lieu des hommes, Tu aurais été tellement mieux servi. » Pourtant Il se sert des hommes avec leurs limites, leurs incompréhensions… Dans le cadre des Eglises locales Il se servira de chacun de ses membres dans diverses opérations.

C. Le corps est une unité dans la diversité

L’apôtre Paul parle souvent de cette diversité. Dans le corps qu’est l’Eglise, il y a des diversités :

- Diversité de nationalités [Juifs et grecs] (1 Cor.12/13 ; Eph.2/11, 3/6)
- Diversité de classes sociales [esclaves et libres] (1 Cor.12/13)
- Diversité de dons spirituels (1 Cor.12 ; Rom.12/6-8 ; Eph.4/11)

Mais il y a :

- Une unité d’origine de ces charismes (1 Cor.12/4-7 ; Eph.4/7,11)
- Une unité d’héritage (Eph.3/6)
- Une unité de rédemption (Eph.2/16)
- Une unité d’Esprit (1 Cor.12-13)
- Une unité d’accès auprès de Dieu (Eph.2/18)
- Une unité d’espérance, de vocation, de foi… (Eph.4/3-6)

Dans (1 Cor.12/14-15) il est dit : « Le corps n’est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres, si le pied disait : parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps, ne serait-il pas du corps pour cela ? » (1 Cor.12/17-19) : « Si tout le corps était œil où serait l’ouïe ? S’il était tout ouïe, où serait l’odorat ? Si tous était un seul membre où serait le corps ? »

Unité ne veut pas dire : uniformité.
Chaque membre, chaque organe a sa fonction spécifique et irremplaçable. Le corps n’est en bonne santé que si chaque organe remplit bien sa fonction et pas une autre. Quand vous avez un organe qui ne fonctionne plus, cela peut devenir dramatique. Pourquoi ? Parce qu’il ne remplit pas sa fonction et aucun autre organe à l’intérieur de votre corps va pouvoir remplacer cet organe qui est mort. Mon pancréas est mort, aucun autre organe ne peut le remplacer, c’est la raison pour laquelle je suis diabétique. Seule la grâce de Dieu peut suffire dans ce cas-là et elle suffit. Un organe qui ne réalise plus sa fonction dans le corps risque de perturber non seulement le corps mais de le voir péricliter rapidement.

Ainsi en est-il dans l’Eglise locale (1 Cor.12/4-6) : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères mais le même Seigneur, diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. » C’est Lui qui opère tout en tous, ce ne sont pas les hommes, Dieu s’en sert aussi pour les orienter dans leurs pensées. Dans l’Eglise chacun a reçu du Saint-Esprit un don, un ministère particulier et l’Eglise fonctionne bien lorsque chaque membre accomplit sa tâche. Nous ne sommes pas tous arrivés au même niveau. Vous ne pouvez pas savoir au bout d’un an de vie chrétienne, ce que l’on sait après 50 années de vie chrétienne. Il y a une progression dans la révélation et celle-ci vient avec l’expérience et la relation que nous pouvons établir avec le Seigneur.

Il y a aussi dans une Eglise normale, diversité de tempéraments, de pensées, d’opinions sur le plan théologique et biblique ; une telle divergence n’est pas inconciliable avec l’unité. Chaque assemblée locale a son caractère et sa vocation propres. Le contact de plusieurs assemblées donne certainement une idée plus exacte de ce que doit être le « corps de Christ » que la vue d’une seule Eglise. Dans le monde protestant nous avons de magnifiques chrétiens qui ne sont pas tous ressemblant à ceux de nos églises. Il y a dans le temple de l’Eternel de véritables colonnes, des piliers qui existent et vous ne les ferez pas déroger dans leur foi, même s’ils ne sont pas tout à fait d’accord avec ce que nous pratiquons. L’essentiel est qu’ils sont des enfants de Dieu, des frères dans la foi, des chrétiens engagés avec Dieu dans divers domaines. Il faut se garder de conclusions hâtives que la Parole de Dieu n’appuie pas, il ne saurait être question « d’assemblées mains » ou « d’assemblées têtes ». Je connais bien l’assemblée, j’y suis depuis 34 ans, on est davantage « une assemblée tête » mais il y a aussi quelques frères qui s’y connaissent manuellement.

Cette diversité doit me conduire à accepter la place et la fonction que Dieu m’a imparties dans le corps et à y accomplir ma tâche sans envie ni complexe. Dans (1 Cor.12/14-19) l’apôtre Paul décrit d’abord la diversité (v.14) : « Le corps n’est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. » Il le fait en mettant en garde contre 2 dangers qui menacent en permanence cette diversité :

Le comparatisme dévalorisant
« Je veux être comme tel autre ! » C’est la grande tentation surtout chez les chrétiens nouveaux convertis, même s’ils ont de l’âge. Ils voudraient ressembler à tel ou tel autre chrétien, on veut copier une personne. Il y a un peu cela qui risque de déteindre dans nos Eglises locales ; par exemple (v.15-16) : « Si le pied, préférant être une main, ou l’oreille, estimant plus la condition de l’œil, décidait de ne plus jouer son rôle dans le corps, il n’en serait pas moins du corps. » Mais il en empêcherait le bon fonctionnement. Quand on n’est pas à sa place, il y a là une sorte de discordance, si on n’accomplit pas la tâche pour laquelle Dieu nous a mis à part, pourquoi ? Parce qu’on gêne les autres. Paul encourage ici celles et ceux qui pensent que les autres valent mieux qu’eux, qu’ils sont plus spirituels, plus compétents. Ce sont des complexes d’infériorité qui peuvent jouer. Non, il ne faut pas avoir de complexe, Dieu nous a placés dans un corps local, et chacun a son rôle à jouer dans celui-ci. Il leur dit : « Tu t’estimes incompétent, tu aimerais ressembler à tel autre, pour cette raison, tu restes à la périphérie. » Certains n’osent pas s’avancer en disant que Dieu les a dotés de tel ou tel talent, mais qu’un tel est mieux qu’eux. Sache que tu es bien membre de ce corps, tu es tel que Dieu t’a voulu et tu as ta place dans Son corps. Ce que tu feras, nul ne peut le faire comme toi ! Il y a des gens qui sont doués, d’autres pour écrire, d’autres pour façonner pour faire un tas de choses. Dieu a donné une quantité de dons à Son Eglise. Nous avons besoin d’utiliser ces dons-là, de les discerner déjà. Ne faites aucun complexe d’infériorité en disant : Ce n’est pas pour moi !

Le danger de l’uniformité
« Tout le monde doit être comme toi. » (v.17) Poussant à l’extrême ce raisonnement, l’apôtre évoque un second danger (v.17) : « Que tout le monde soit œil ou oreille » ou le danger de l’uniformité. Le risque est particulièrement évident lorsqu’une personne profitant peut-être de l’admiration dont elle est l’objet, estime que sa façon de concevoir ou de dire les choses est la seule bonne, imposant aux autres de penser et d’agir comme elle. Aucun d’entre vous, et moi y compris, n’est venu au Seigneur de la même façon. Dieu a employé mille et une façons ou circonstances pour vous amener au Seigneur Jésus. Aucun d’entre nous ne possède exactement les mêmes charismes. Dieu a besoin de chacun d’entre nous dans l’Eglise locale, avec les mêmes (petites ou grandes) possibilités, qu’importe, mais que tout cela soit mis à la disposition du Seigneur, sans orgueil et sans complexe aucun ! Donc, que chacun soit comme Dieu le veut ! (v.18-19). Ainsi pourrait être résumée la pensée de Paul. Il refuse aussi bien le comparatisme dévalorisant que la tentation d’uniformité au nom de la libre et souveraine volonté du Dieu, Auteur de la diversité.

L’unité du corps
Aux versets 25 et 26 l’apôtre Paul s’attache maintenant à définir l’unité. Il y a une multitude de parties mais un seul corps.
Qu’est-ce que l’unité ?
Est-ce une sorte de sentiments fusionnels ? Le désir d’être ensemble à chaque instant ? Dans les (v.21-26) Paul donne trois caractéristiques :
- La complémentarité : (v.21) ou « J’ai besoin des autres ». Ce que je n’ai pas, un autre l’a. L’unité ne peut se réaliser sans une vraie complémentarité. Chacun doit trouver sa place. Personne ne doit être oublié. L’unité ne se construit pas au détriment des autres, mais avec les autres.
- La valorisation du plus humble : (22-25) ou « Tu es aussi important que moi » Alors que nos regards ont l’habitude de focaliser sur ce qui frappe le plus, le Seigneur Jésus nous a appris à mettre en premier ce qui est le dernier. Vous remarquerez si vous lisez depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse que ce qui est premier n’est pas forcément la forme définitive, c’est ce qui vient en second, qui sera la forme définitive. Il y a un premier Adam et un second Adam, et ce second Adam, c’est le meilleur : Jésus-Christ. Dans l’Ancien Testament vous trouverez des noms, je pense à Abram, il va devenir Abraham. L’Eternel a intégré une particule du tétragramme divin le « h » au milieu de son nom. Déjà dans l’annonce Dieu veut s’inclure dans la vie des hommes. Dans l’Eglise cela se produit par une « discrimination positive » on élève le plus humble, on valorise ce qui est caché.
- La solidarité
Verset 26 « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. » C’est aussi l’unité développée dans le corps de Christ. Si j’ai besoin des autres, disons-le, les autres ont également besoin de moi. Si quelqu’un se trouve dans la peine, il a besoin des autres. Il a peut-être besoin de moi, de mon aide. Cela aussi c’est dans le corps de Christ, que l’on peut développer de telles tendances, qui ne sont pas toujours innées. Serai-je assez proche de lui pour lui apporter l’aide dont il a besoin ? De même le partage des joies a aussi son importance. Si on partage la peine on peut aussi partager la joie. Le corps est uni lorsque la complémentarité, la valorisation du plus humble et la solidarité sont vraiment vécues dans le cadre local. Sans elle l’unité n’est qu’un mot sans contenu.

Le Saint-Esprit accorde aux Eglises une grande diversité de personnes, équipées de dons multiples. Pourquoi ? N’est-ce pas pour poursuivre l’œuvre du Christ dans toute Sa richesse ? Chacun apporte aux autres ce qu’il a reçu du ciel. C’est ce que nous essayons de transférer aux autres. Nous ne sommes pas tous arrivés au même niveau ni spirituel, ni intellectuel. Il faut tous les éléments pour constituer ce corps, dont le Seigneur a réellement besoin. Dieu ne regarde pas seulement le niveau intellectuel mais Il regarde au cœur, Il sait ce que vous valez, ce que vous êtes. Vous valez extrêmement chers à Ses yeux, puisqu’Il a donné Sa vie pour chacun d’entre nous. Il nous aime de façon tout à fait particulière. Personne n’est suffisant pour la tâche que Dieu a mise devant nous. L’Eglise dans la mesure où elle vit l’unité et la diversité de l’Esprit, est rendue capable de dire la richesse infiniment variée de ce Dieu unique.

Pour aller plus loin
- Suis-je conscient que mon absence (si c’est le cas) de la vie de l’Eglise a des répercussions sur son fonctionnement ? On ne peut pas vous attacher avec des cordes, loin de là ! Personne ne le fera. Si je m’absente volontairement sans excuse valable de ce corps de Christ, si je pense pouvoir réaliser la vie chrétienne tout seul avec mon petit bon dieu, ma petite Bible, dans mon petit coin, je suis complètement à côté du but. Nous avons besoin de ce corps de Christ, de cette église locale. Sur le dynamisme de l’Eglise locale il y aura une interférence tout simplement parce que je ne serai pas toujours là ou bien sur l’image qu’elle peut donner à l’extérieur. « Ah ! Aujourd’hui, je ne serai pas là, j’irai danser par exemple. » Il y a un temps pour tout je le sais bien, mais je pense d’abord à être présent dans le corps de Christ. C’est un élément indispensable pour le témoignage extérieur.
- Suis-je conscient que ma trop grande présence (si c’est le cas) peut empêcher certains de trouver leur place ? On n’a pas le droit de monopoliser tous les services. Il faut laisser la place à chacun pour qu’il puisse s’exprimer dans le cadre local. Puis-je mettre mon énergie à valoriser les plus humbles plutôt qu’à tout faire moi-même ?

Dans (1 Cor.12/12-26), Paul s’adresse ici à une Eglise locale. Ce qu’il dit, est transposable à une fédération d’Eglises. Alors, allons-nous déplorer ou nous réjouir non seulement de la diversité des Eglises mais aussi de la diversité de leurs membres ? Je pense que nous ne pouvons que nous réjouir de la diversité de nos membres et même de la diversité de nos Eglises locales. On a souvent dit : « Le pasteur fait son Eglise et l’Eglise fait son pasteur. » Disons que tout à fait involontairement le pasteur imprime un certain caractère à une Eglise, mais l’Eglise locale nous renvoie aussi l’image de ce que nous sommes en tant que pasteur. Je pense que nous avons besoin les uns des autres, de mettre ensemble tout ce que le Seigneur nous a donné. Nous Le bénissons encore en cette matinée, pour ce qu’Il nous a fait en Christ.

AMEN