Prédication du pasteur Didier Biava du dimanche 29 mai.

LA MATURITE AU SEIN DE L’EGLISE
Une voie indispensable
I Corinthiens Ch. 14 / 20 : “
Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement, mais pour la méchanceté soyez de petits enfants, et à l’égard du jugement, soyez des hommes faits. » (autrement dit : « soyez matures »).
La maturité est une qualité indispensable à acquérir. Comment réagiraient les parents des enfants de l’église si nous placions un jeune converti comme responsable de l’École du dimanche ? Pour ma part, je ne pourrais l’accepter, parce qu’un jeune converti, avec toutes ses lacunes dans la connaissance de la Bible, ne peut que manquer d’expérience et de tact d’un point de vue spirituel à l’égard des enfants. Cela revient également à confronter ce jeune dans la foi à un service qu’il ne pourra peut-être pas supporter, et l’exposer aux attaques de l’adversaire. En tant que pasteur, il ne serait donc pas sage de placer un jeune dans la foi dans un tel service, là où les enfants apprennent les bases de la vie chrétienne, et peuvent recevoir la graine de vie qui pourra les faire aller de l’avant.
Nous comprenons maintenant que sans maturité, il ne peut y avoir ni école du dimanche, ni groupes d’ados, ni groupe de Jeunes Adultes à Paris, ni groupe de louange, de maison, ou encore de groupe social. Car il faut des gens responsables à tous ces postes. Sans maturité, l’église ne peut ni grandir ni se développer.
Dans Osée, il est écrit : «
Mon peuple est détruit parce qu’il lui manque la connaissance. » La connaissance est liée à la maturité.
Notre société exige de la même façon d’avoir de la connaissance et de la maturité : elle exige d’avoir des gens responsables. On parle de formations, d’évolution, de remises à niveau, de progression, de performances. Dans le milieu de l’entreprise, on nous pousse à être toujours meilleur. Mais qu’en est-il de Dieu dans tout cela ? Qu’en est-il dans notre vie spirituelle ? Dieu nous demande-t-il d’être aussi performant ? Dieu nous demande-t-il d’évoluer, de progresser ?
Dans I Thessaloniciens 4/ 1, il est dit : «
Au reste, frères, puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire, c’est là ce que vous faites, nous vous prions et nous vous conjurons au nom du Seigneur Jésus-Christ de marcher à cet égard de progrès en progrès. »
L’apôtre Paul dit : «
nous vous en conjurons », car la maturité est une voie indispensable. Dieu demande à son peuple et à son église de progresser. C’est une voie spirituelle, biblique.
Dieu ne nous demande pas d’être des « super saints », des « TTS » (très très spirituels), mais seulement d’être des gens matures. Il y a d’ailleurs une incompatibilité entre les personnes qui se disent très très spirituelles et les gens matures. Les premières prennent les gens de haut, méprisent les autres et pensent toujours être meilleurs qu’eux.
Un chrétien mature n’a pas cette conception là. Il sait au contraire se mettre au niveau et à l’écoute des autres. Un « TTS » ne peut pas rester dans l’église parce qu’il la trouve toujours inférieure à lui. Dans la plupart des cas il finit d’ailleurs par la quitter. Un chrétien mature va de son côté aider l’église, l’encourager, la tirer vers le haut et la soutenir. Il va tout faire pour se mettre à la portée du plus petit, pour le porter. Être mature signifie « être adulte, mûr, réfléchi, responsable, être stable, celui à qui rien ne manque pour être complet. »
Dans Galates Ch. 5/ 22 l’apôtre Paul dit : «
Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi ; la loi n’est pas contre de telles choses. » Les fruits de l’Esprit nous amènent automatiquement et directement vers la maturité. On s’aperçoit que les fruits de l’Esprit nous conduisent vers cette stabilité dans l’église. C’est là quelque chose d’important.
Nous allons à présent nous arrêter sur quatre points :
1) – La maturité et le refus de grandir.
Certains chrétiens ne veulent pas grandir et préfèrent rester enfants. J’ai même rencontré une personne qui m’a demandé s’il était possible de se mettre sous curatelle ou tutelle spirituelle. Cette personne voulait être rassurée et pouvoir s’appuyer sur une personne en cas de problème ou de souci. Elle ne voulait pas grandir ni prendre ses responsabilités avec Dieu. Elle refusait d’être responsable dans sa vie spirituelle. Mais ce n’est pas le plan de Dieu d’être ainsi assisté dans notre vie spirituelle.
Prenons garde cependant à ne pas prendre la place de Dieu. En tant que responsables, quand nous assistons des personnes nouvelles qui viennent à l’église, ne confondons pas accompagnement et assistanat. Parfois, nous avons eu le tort de trop assister des gens, au lieu de les accompagner et de les aider à aller plus loin. C’est comme si l’on prenait la main d’un enfant pour le faire avancer et qu’on ne lâchait jamais sa main. L’enfant ne réussira jamais à marcher tout seul de la sorte. Il ne prendra jamais ses responsabilités. Si au départ, il tombe et que nous sommes obligés de le reprendre, à un moment donné, il sera suffisamment solide pour tenir seul sur ses pieds. En tant que chrétiens, nous sommes là pour accompagner et non pour assister constamment. On a besoin d’amener les gens à grandir dans leur vie spirituelle. Il faut les encourager à faire leurs propres expériences avec le Seigneur.
2 ) – La maturité et les années de conversion.
Le nombre d’années n’a jamais fait la maturité spirituelle. S’il y a une différence entre ceux qui commencent et ceux qui ont 40 ans de conversion, ce n’est pas là le seul critère. Dans Luc Ch. 13 /6 : «
Il dit aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n’en trouva pas. Alors il dit au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ? »
Une graine avait été mise en terre et était devenue un arbuste, puis un arbre. La Parole de Dieu nous dit que c’était un arbre rempli de feuilles, dans toute sa splendeur. Mais il avait grandi sans arriver à maturité. La Parole de Dieu nous dit qu’il ne portait point de fruit. De même des années de conversion n’ont jamais été un gage de maturité. La parole de Dieu nous dit que la maturité arrive certes avec les années, mais tout comme pour cet arbre, la splendeur doit être accompagnée de fruit.
Cela me rappelle un chrétien qui, tous les dimanches, faisait la même prière. Il remerciait le Seigneur et, à la fin, terminait en disant : « merci, Seigneur, pour toutes ces années de conversion, pour mes 40 ans de conversion. » Pendant toutes les années où je suis resté dans cette église, il a toujours fait la même prière et terminait toujours avec ses « 40 ans de conversion ». C’était vrai, mais il avait un problème car il n’était pas régénéré dans sa vie de prière. Il avait oublié de porter du fruit. Personne n’allait le voir pour lui demander conseil. On sentait en lui une certaine immaturité dans l’œuvre de Dieu.
3 ) - La maturité et la connaissance
Osée Ch. 4/ 6 : «
Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance. »
Nous avons pour notre part la connaissance ; l’enseignement ne manque pas. Nous avons tout ce qu’il faut pour aller plus loin, mais quelque chose ne va pas.
Luc Ch. 8/ 14 : «
Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffée par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ne portent point de fruits qui viennent à maturité. »
Parfois, l’enseignement que nous apportons, est reçu mais est oublié à peine le pas de la porte franchi. Les soucis de la vie, les problèmes de travail, les soucis professionnels, dans la famille, dans le foyer, nous amènent malheureusement à oublier ce que nous avons reçu le dimanche. La parole de Dieu n’a pas germé dans le cœur. On peut avoir reçu un enseignement pendant des années et des années sans rien retenir. Nous avons besoin de réaliser cela, car nous pouvons avoir la connaissance sans produire du fruit.
Luc Ch. 8/ 13 : «
Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n’ont pas de racine, ils croient pour un temps et ils succombent au moment de la tentation. »
Devant l’épreuve, on est terrassé, comme assommé. On a pourtant reçu des enseignements, été rempli de la parole de Dieu, mais on est malgré cela complètement découragé.
Arrêtons sur ce passage dans Luc Ch. 6/ 46 : «
Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur et ne faites-vous pas ce que je dis ? Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé, creusé profondément et posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est rué contre cette maison, sans être capable de l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui entend et ne met pas en pratique est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre sans fondement. Le torrent s’est rué sur elle ; aussitôt elle s’est écroulée, et la ruine de cette maison a été grande. »
La parole de Dieu nous montre dans ce passage que certains ont pris le soin de creuser profondément. Ils sont venus, ont entendu la parole et l’ont mise en pratique. Ils l’ont serrée contre leur cœur afin de ne point pêcher contre Dieu.
Ephésiens Ch. 4 /14 : «
Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices. »
Nous avons besoin de la connaissance spirituelle pour devenir matures : il nous faut recevoir la connaissance et la mettre en pratique dans notre vie. Il y va de notre église, mais il y va avant tout de notre vie spirituelle, de notre marche avec Dieu. Si on ne met pas en pratique cette parole de Dieu, si on ne la garde pas dans notre cœur, les moindres difficultés vont nous faire tomber.
4 ) – La maturité et les conflits.
Nous apprenons toujours quelque chose de nos conflits, dans la mesure où nous restons spirituels. Malheureusement, il nous est arrivé de voir des gens rentrer en conflit. Ce n’était plus le spirituel qui entrait en conflit mais le charnel. La réaction était alors tellement violente dans l’attitude et le comportement, que l’on pouvait se demander si ces personnes étaient vraiment converties. Les fruits de l’Esprit étaient vraiment bien loin. Il peut nous arriver d’avoir des conflits mais en tant que personnes matures nous avons besoin de savoir les gérer.
La question n’est pas de savoir si nous aurons ou non des conflits : on a tous eu des conflits dans le milieu professionnel, au travail, avec des amis, nos enfants ou dans l’église, et on en aura toujours. La question est plutôt de savoir comment nous allons les gérer.
Face aux conflits, nous avons plusieurs cartes dans nos mains. La première carte, nous la trouvons dans Galates 22 : l’amour, la paix, la patience, la douceur, la maîtrise de soi et puis la connaissance et les années de conversion, tout cela fait que nous devenons quelqu’un de mature. Chacun prend ce dont il a besoin.
Certains par exemple ne maîtrisent pas leur caractère. J’ai vu des gens se mettre dans des colères surprenantes. Ils étaient pourtant des chrétiens très sobres, mais c’était là leur point faible, leur talon d’Achille. D’autres n’arrivent pas à avoir la paix dans leur cœur. Ils sont toujours agités et la moindre difficulté les déstabilise. D’autres encore n’arrivent pas à aimer l’autre ; ils portent des racines d’amertume qui les perturbent et les troublent. Pour d’autres, c’est la patience qui manque.
Quand on est mature et qu’on désire la maturité, nous avons besoin de retrouver ces fruits-là. Pour gérer un conflit, nous avons besoin de passer par là. Car l’ennemi de la maturité est la précipitation. On se précipite pour réagir devant une situation : on essaye de résoudre le problème sans réfléchir, sans penser aux problèmes que cela va provoquer. Nous avons besoin de maturité pour ne pas aggraver le problème.
Imaginez si, en tant que chrétiens, nous aspirions tous à la maturité. Face au conflit nous règlerions tant de problèmes. Il y a tellement de difficultés qui nous tirent vers le bas, qui nous empêchent de faire l’essentiel dans notre vie, qui nous empêchent de prendre du temps avec notre famille, avec nos proches, avec nos amis, du temps dans l’église, du temps avec le Seigneur.
« Seigneur, j’ai besoin de maturité afin de gérer cela au mieux, afin de ne pas me laisser piéger par telle ou telle situation. Seigneur, donne-nous ta grâce. Peut-être que ce conflit est dû à un manque de maîtrise de soi, un manque de patience, un manque de douceur, de paix ou d’amour, peut-être un manque de connaissance. »
L’église va de l’avant, que ce soit celle de Paris Bastille ou d’ailleurs, car il y a des passionnés dans les églises. Mais, s’il y a vraiment quelque chose qui risque de freiner son avancement, c’est le manque de maturité. Avec le manque de maturité, il y a tellement de problèmes, tellement de conflits qui peuvent prendre place. C’est pour cela que j’attire votre attention sur l’importance de la maturité afin que nous puissions faire face à tout cela.
5) - Réagir pour se justifier
Dans Romains Ch. 8/ 33 : «
Mais qui accusera les élus de Dieu ? » C’est Dieu qui justifie. En général, quand on essaie de se justifier on ne convainc personne et on aggrave le problème.
- Entretenir un feu étranger : c’est l’ennemi de la maturité, c’est trouver des amis de circonstance, c’est se rassurer sur son état. Entretenir le feu, c’est mettre des bûches dans la cheminée, se complaire dans cette situation. Mais c’est un piège. Nous avons au contraire besoin de passer par la maîtrise de soi et d’installer la paix.
Un jour, lors d’un conseil d’administration dans une église, nous étions obligés d’aborder un problème. Un frère n’arrivait pas à se maîtriser, et dès qu’on abordait le moindre conflit, cela prenait pour lui des proportions dramatiques. A l’écouter, tout était perdu d’avance. Dans ce même conseil d’administration, face au même problème, un autre frère, très calme, très effacé, qui ne parlait jamais, prit la parole et, en une seule phrase il réussit à régler le problème. Personne n’avait jamais pensé à cette solution. La paix et la douceur étaient revenues. Nous devons vraiment réaliser que le fruit de l’Esprit est important.
Terminons avec un point important : comment régler un conflit ? 70% d’un conflit se règle par le dialogue. Il nous faut aussi être capable d’entendre ce que l’autre a à vous dire. L’autre a peut-être une souffrance, ou quelque chose à partager. Il faut comprendre la situation. 80% des conflits peuvent être évités par une communication régulière avec ceux qui nous entourent.
Il y a trois règles à respecter : La communication quotidienne, le dialogue et la transparence. La communication est une information. Il faut savoir où on va et comment il faut faire. Le dialogue est un échange et aide à mieux comprendre le problème.
En conclusion, face à toutes ces choses, on peut avoir de la tristesse, du non-pardon, des non-dits, des troubles qui peuvent finir en conflit, mais la maturité est là pour nous amener à régler ces problèmes ou à les éviter.
Réalisons donc l’importance de grandir et de ne pas rester enfant dans la vie spirituelle.