Le corps humain : image de l'Eglise (3e partie)

Culte du dimanche 3 août 2008
Par André Boulagnon - Publié le Dimanche 3 août 2008    
Nous allons ouvrir ensemble la Parole de Dieu, je vous propose deux lectures dans le Nouveau Testament.
Nous allons commencer par 1 Corinthiens 12/12-27 : « 12.12 Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ. 12.13 Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. 12.14 Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. 12.15 Si le pied disait: Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps-ne serait-il pas du corps pour cela? 12.16 Et si l'oreille disait: Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps, -ne serait-elle pas du corps pour cela? 12.17 Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat? 12.18 Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. 12.19 Si tous étaient un seul membre, où serait le corps? 12.20 Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps. 12.21 L'œil ne peut pas dire à la main: Je n'ai pas besoin de toi; ni la tête dire aux pieds: Je n'ai pas besoin de vous. 12.22 Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires; 12.23 et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur, 12.24 tandis que ceux qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, 12.25 afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. 12.26 Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. 12.27 Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »
Et ensuite nous lirons 1 Corinthiens 11/28-29 : « Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le Corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. »
Nous allons ouvrir le troisième volet de ce triptyque que nous avons commencé en juin concernant le corps humain : image de l’Eglise. Nous allons le terminer aujourd’hui. Nous avons dit que dans le Nouveau Testament nous pouvons trouver la mention de « trois corps de Christ. » Vous me direz : « C’est une hérésie » ! Non ce n’est pas une hérésie. Cette expression « corps de Christ » désigne dans le Nouveau Testament des choses, à première vue, très différentes :

A. Le Corps physique du Seigneur Jésus-Christ.
B. Le Corps « mystique » du Seigneur, l’Eglise.
C. Le Corps de Christ dans la Sainte Cène.

Nous avons vu ce que faisait Jésus de Son corps physique quand Il était ici-bas (Act.10/38) : « Il allait de lieu en lieu faisant du bien. » Il se déplaçait de lieu en lieu et Il apportait beaucoup de bien à ceux qui L’entouraient ou venaient Le voir. Par exemple Ses yeux s’arrêtaient sur les malheureux, les infirmes, les malades. Ses mains ont guéri, aidé, béni, elles ont multiplié le pain pour les affamés, elles ont ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Sa bouche a servi à publier la grâce de Dieu, à montrer aux pécheurs le chemin du Salut, et cela avec Son corps physique.

Il existe maintenant un autre corps de Christ tout aussi actif, un corps sous forme nouvelle, diversifié, multiplié, amplifié, une forme qui restera telle tout au long des siècles et qui portera la Parole et aussi l’action divine jusqu’aux extrémités de la terre. C’est par le moyen de ce corps « mystique » que le Seigneur va pouvoir s’exprimer. Au travers de ce corps, Il va faire des choses encore plus grandes, que celles qu’Il a faites quand Il était encore sur la terre, car elles seront amplifiées. C’est à ce corps nouveau, à l’Eglise, que Jésus-Christ a conféré les pleins pouvoirs pour la continuation de Sa mission sur la terre. N’avait-Il pas promis à Ses disciples, je cite (Jn.14/12) : « En vérité, en vérité, Je vous le dis : Celui qui croit en Moi fera aussi les œuvres que Je fais, et il en fera de plus grandes parce que Je m’en vais au Père. » On peut s’interroger pour savoir quelles œuvres plus grandes le corps de Christ pourrait-il faire ? Quand on pense que Jésus a été capable de ressusciter des morts, de transformer des vies d’un instant à l’autre, Il est le Seul capable de le faire encore. C’était circonscrit au niveau d’Israël. Maintenant au travers le monde, des millions d’êtres humains sont capables de recevoir l’Evangile au travers des moyens que Dieu utilise. Il se sert des hommes et parfois même Il peut utiliser les anges.

Par le ministère des différents membres du corps de Christ, des malades sont encore guéris au 21ème siècle, des infirmes physiques ont recouvré l’usage de leurs sens, la Parole du Salut est annoncée aux multitudes et en réponse à cette Parole, des vies sont effectivement et radicalement transformées. Je trouve extraordinaire qu’au 21ème siècle, plus de 2000 ans après la venue de Jésus, il y ait des jeunes et des moins jeunes qui soient encore touchés par la grâce de Dieu. Tous ces faux Messies qui sont venus avant Jésus et après Lui, le nommé Theudas qui est mentionné dans le Nouveau Testament (Act.5/36), et il y en a eu d’autres. Ceci dit, tous ces gens-là ont disparu, ont laissé peu de traces. Il y a eu aussi Bar Khorbas en 135 après J.C., entre autres, qui voulait délivrer Israël de l’occupation romaine, il en est mort d’ailleurs ; Jésus demeure, Il est capable encore aujourd’hui parce qu’Il est vivant, là est la différence, de transformer des vies, de toucher des corps, des cœurs, des consciences. L’Eglise, en tant que corps de Christ, s’est vu léguer les talents qui caractérisaient le ministère de Christ.

C. Corps de Christ et Sainte Cène
Nous participons spirituellement à la communion avec Jésus-Christ et avec les autres croyants, lorsque nous participons de la façon prescrite dans la Parole de Dieu, à la Sainte Cène, à la communion (J’aime ce terme de communion parce que nous pouvons le partager en deux : une commune union, c’est une commune union entre les frères et sœurs en Christ). C’est une commune union à la verticale avec Dieu et une commune union à l’horizontale entre les enfants de Dieu. C’est plus qu’un symbole, c’est une célébration solennelle d’une expérience spirituelle commune. Le pain que nous rompons est justement la communion au corps de Christ.

Dans (1 Cor.10/16) : l’apôtre Paul emploie cette expression « Corps de Christ » « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion au corps de Christ ? » et un peu plus loin (1 Cor.11/29) : « Celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur mange et boit un jugement contre lui-même. » C’est la raison pour laquelle nous demandons à ceux qui participent à la Sainte Cène, d’être baptisés par immersion, pour participer à ce corps du Seigneur et ne pas manger un jugement contre soi-même.

De quel corps s’agit-il ? du corps physique de Christ ou de Son corps mystique, l’Eglise ? Chacune de ces interprétations se heurte à de grandes difficultés. On peut penser que, se rappelant des paroles même du Seigneur au moment de l’institution de la Sainte Cène : « Ceci est mon corps » la pensée de l’apôtre se soit portée au-delà du symbole, vers l’une ou l’autre des réalités qu’il exprime et qui, ailleurs, sont désignées par le même nom, peut-être même à toutes les deux ensemble. Cela nous autorise à tirer un parallèle entre le pain de la Cène et l’Eglise.

Les premiers chrétiens l’ont fait (1 Cor.10/17) : « Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps, car nous participons tous à un même pain. » Les uns et les autres nous sommes un peu représentatifs de ce corps de Christ. Nous venons de contrées, de terrains, d’épis différents, mais dans le pain, nos saveurs particulières se mélangent et se fondent. Ce n’est plus le goût de tel grain, né à tel endroit qui compte, mais une saveur toute nouvelle et différente : celle du bon pain. Je vais employer cette image jusqu’au bout de mon raisonnement. Pour en arriver là il a fallu que ces différents grains tout à fait distincts les uns des autres (nous arrivons avec des cultures, des intelligences, une instruction complètement différentes, mais peu importe) disparaissent. Pour en arriver là, il a fallu que les grains soient séparés de la balle, puis qu’ils soient broyés pour obtenir de la farine. Puis cette farine est mélangée et pétrie avec un élément extérieur venu du ciel : l’eau et que la pâte passe par l’épreuve du feu qui la transformera de façon profonde et durable. Tout cela est l’expérience du corps de Christ local. Nous sommes des grains complètement différents les uns des autres en âge, en sexe également, en formation mais dans le corps de Christ nous ne formons qu’un seul grand corps, qui va refléter l’image de Christ. Je ne dis pas Son image physique mais Son image spirituelle. Nos paroles, notre façon d’être et de vivre, de propager l’Ecriture Sainte vont être des moyens permis par Dieu pour que l’image de Christ soit vue, reconnue au travers de ce corps local que nous formons et de chaque individu que nous sommes. Alors seulement nous aurons du bon pain nourrissant. Tout cela ne nous parle-t-il pas d’une manière frappante de l’Eglise, le corps de Christ ?

N’avons-nous pas une préfiguration encore plus précise à la fois de Christ et de Son corps dans « ces gâteaux sans levain faits de fleur de farine, pétris à l’huile, des galettes sans levain arrosées d’huile, cuits à la poêle ou sur le gril ? » (Lév.2/1-16). Les pains de la Pentecôte (Lév.23/17) : « Vous apporterez de vos demeures deux pains pour qu’ils soient agités de côté et d’autre ; ils seront faits de deux dixièmes de fleur de farine, et cuits avec du levain ; ce sont les prémices de l’Eternel. » ne sont-ils pas une image de l’Eglise réelle, créée le jour de la Pentecôte et dans laquelle malgré la présence du Saint-Esprit, le péché subsiste ? Nous ne sommes pas encore de purs esprits, nous bronchons de diverses manières, ce n’est pas pour nous justifier, mais pour dire que le péché subsiste malgré que la présence du Saint-Esprit soit à l’œuvre dans le cadre local de l’Eglise et aussi en chacun de nous en tant qu’enfant de Dieu. Cependant ces pains aussi, comme l’Eglise, sont les « prémices à l’Eternel » (Lév.23/7). Nul doute que l’intention de tous ces détails était de nous présenter symboliquement les conditions d’une vie individuelle et collective, dont l’offrande fut un parfum agréable à l’Eternel. Quelles richesses dans cette image du corps, source toujours nouvelle d’enseignements que nous n’avons pu qu’effleurer ! La similitude profonde entre ces deux organismes ne peut pas être fortuite. Elle ne s’explique que par le fait qu’ils sortent de la main du même Créateur, qu’ils reflètent une même pensée de « Celui qui accomplit toutes choses selon Sa volonté. » Il nous a créés à Son image et Il veut dans l’Eglise et par elle, nous conduire à une ressemblance parfaite, « à l’image de Son Fils. » Dieu va nous façonner au travers les circonstances de la vie, jour après jour, cela fait parfois très mal. Je prends l’image de la pâte à modeler, cela ne lui fait rien quand nous la malaxons mais nos corps, nos individus quand ils sont pris en charge par le Seigneur et qu’Il veut nous modeler à Sa façon d’être et de vivre cela fait mal et prend un certain temps.

Les enseignements de ces images concernant l’Eglise
Toutes ces images renferment de nombreux enseignements concernant la nature et la vocation de l’Eglise. Nous essaierons de dégager ici ceux qui concernent :

1. Les relations de l’Eglise avec Christ.
2. La nature de ses membres.

1. Relations de l’Eglise avec Christ
L’analyse de ces figures nous montre que Christ en est toujours la partie essentielle sans laquelle la réalité ne peut subsister. Christ est le centre de gravité de l’image. De même l’Eglise n’existe que par Christ et en fonction de Lui. Elle ne peut vivre et subsister que si elle entretient avec Son Seigneur des relations constantes. L’Ekklésia ou l’Eglise, en effet, n’est pas la somme des croyants, elle n’est pas davantage une sainte institution ; mais elle est le Corps de Christ qui ne se compose que de personnes : la personne de Celui qui est la tête et celles des membres de son Corps.

a. Par Christ
Nous allons parler maintenant de ce qui se passe par Christ, pour Christ.
- Christ est Roi, Il règne.
Cela me rassure et me console beaucoup parce que quand les circonstances de la vie semblent nous contrarier, nous écraser ou quand nous ressentons comme une chape de plomb au-dessus de notre tête qui voudrait nous aplatir complètement et nous faire oublier que nous sommes enfants de Dieu, il est bon de se rappeler que Christ est Roi et qu’Il règne et que rien ne peut ébranler Son trône. L’apôtre Paul nous rappelle : « Il nous a assis en Jésus-Christ dans les lieux célestes. » Et de cette position dominante, nous pouvons justement dominer nos circonstances et ne pas nous laisser écraser par elles. Quand les circonstances adverses arrivent, si nous sommes réellement assis par la foi en Jésus-Christ nous n’allons pas être écrasés par tout ce qui nous pèse. Non, je crois qu’il faut avec la grâce de Dieu réagir comme de véritables enfants de Dieu assis en Christ dans les lieux célestes. Sans roi, il n’y a plus de royaume, il ne reste que des sujets dispersés.
- Christ est le Berger
Sans berger, pas de troupeau mais des brebis éparses, suivant chacune sa propre voie. (Jn.10)
- Christ est le Cep
Sans le cep nourricier, les sarments sont condamnés à devenir du bois mort
- Christ est la Fondation
La construction d’une maison commence par les fondations, Jésus en parle, si celles-ci venaient à se dérober, l’édifice s’écroulerait aussitôt.
- Christ est la Tête
Dans l’élaboration secrète du corps humain à l’intérieur des entrailles de la mère, c’est encore la tête qui se forme la première et c’est elle qui commandera dès la phase embryonnaire, la constitution du reste du corps. Sans tête le corps n’est plus qu’un cadavre inanimé.

b. Pour Christ
Le roi commande, mais ses sujets sont là pour mettre à exécution ses desseins. Dans les monarchies anciennes, le seul personnage qui comptât était le roi ; tout le pays vivait pour le service du roi. Le troupeau est la richesse du berger, et dans la réalité, le berger n’est pas là pour les brebis, mais les brebis sont là pour le berger. Le corps est au service de la tête pour exécuter les idées et les projets qu’elle a conçus. Le corps de Christ, l’Eglise est au service de la Tête, de Jésus-Christ.

c. Christ a besoin de l’Eglise

Beaucoup de ces images font également ressortir la dépendance dans laquelle Christ a bien voulu se placer par rapport à l’Eglise pour l’accomplissement de Sa volonté ici-bas. Le roi sans les sujets est quasiment impuissant et le roi ne peut réaliser aucun de ses desseins.

Sans brebis on ne peut plus parler de berger. Sans sarments, le cep ne peut porter du fruit. Sans membres valides, la tête ne peut absolument strictement rien faire. Christ a besoin de l’Eglise.

d. L’Eglise a absolument besoin de Christ
Sans Lui nous ne sommes rien, nous sommes des bois morts, si la vie de Christ ne circule pas dans une Eglise locale ou dans les individus la composant, nous devenons progressivement du bois mort. Quand on est enfant de Dieu l’intérieur et l’extérieur doivent avoir la même figure, des gens vivant pour la gloire de Dieu. Notre rôle est non seulement de faire passer le message de Jésus-Christ mais être les éléments vivants de ce corps de Christ pour permettre aux hommes qui nous entourent de dire : « Voyez comme ils s’aiment et comme ils aiment le Seigneur. » Nous dépendons de Lui que nous le voulions ou non. Lui veut bien avoir besoin de nous, comme Il a eu besoin d’un ânon, le jour des Rameaux, mais par pure grâce, et non parce qu’en Lui il y aurait quelque insuffisance.

Si le roi est touché le peuple pleure, si un malheur frappe le peuple, le roi vient pour le défendre, je parle des anciennes monarchies. Si le berger est malade (Christ n’est jamais malade) le troupeau en pâtit. Si une brebis souffre, le berger la porte et la soigne. Les racines enterrées dans le sol et les parties aériennes de la plante sont solidaires. Que le cep ou les sarments soient endommagés, les fruits ne se forment plus, c’est la catastrophe. Un édifice ne remplit sa fonction que si la fondation et les structures restent indemnes. J’ai un exemple tout simple. En face de chez moi, j’ai un professeur d’économie. Il s’est fait bâtir une très jolie maison, il en avait les moyens. Cette maison au bout d’un an et demi a été complètement démolie. Pourquoi ? Parce que tout simplement, le maçon qui l’a construite, l’a fait avec les moyens du bord, avec des menus frais et moralité : tout était pourri à l’intérieur, il y avait des briques poreuses et l’édifice allait s’écrouler et il a fallu en rebâtir une autre, aux frais du maçon. Je veux dire que l’édifice doit reposer sur des bases solides. Pour nous les bases de notre foi c’est la Parole de Dieu. Il y a cette nécessité vitale pour l’homme de Dieu, l’enfant de Dieu d’avoir une foi qui repose sur la Parole de Dieu, non sur des sensations, sur des impressions mais sur ce que Dieu a dit. Ce que Sa bouche a dit, Sa main l’accomplit. Notre foi a besoin de reposer sur de tels fondements.

Mais, n’est-il pas significatif que dans toutes ces images la partie qui représente Christ soit la moins vulnérable ! Le roi n’est-il pas l’homme le mieux gardé du royaume, le berger plus intelligent que ses brebis, les fondations bien ancrées dans la terre, le cep profondément enraciné et plus résistant que le sarment et le cerveau l’organe le mieux protégé sous la boîte crânienne ? Christ est au ciel et Ses membres sont sur la terre mais si un membre souffre, Christ n’en souffre pas moins avec lui. Certains n’arrivent pas à s’imaginer que Dieu soit capable de souffrir, la Bible emploie le mot ‘compatir’ qui veut dire souffrir avec. Dieu compatit à nos souffrances, à nos douleurs. Je sais bien qu’un petit malin va dire : « Au lieu de compatir, Il devrait nous les éviter, ce serait tellement plus simple. » Mais voilà quand je parlais de formation, de modelage avec la pâte à modeler, le Seigneur nous modèlera au moyen de difficultés, c’est là que nous allons apprendre à compter de plus en plus sur Lui. Quand les hommes ne peuvent plus suffire, seul Dieu en Christ est capable de nous suffire pleinement à tous nos besoins, pour l’esprit, l’âme et pour le corps. Quand tout va bien nous avons tendance à nous laisser emporter par le « tout va bien dans le meilleur des mondes. » Je ne dis pas que l’on oublie le Seigneur pour autant mais on se laisse porter par les circonstances, on ne les maîtrise pas, on se laisse porter par la vague. Dieu va nous apprendre à maîtriser avec Sa grâce évidemment les vagues de l’océan de la vie qui essaient parfois de nous engloutir. Je sais que c’est au travers de circonstances bien pénibles, que Dieu va nous modeler pour inscrire en nous Son divin caractère.

Quand je suis passé par les difficultés que vous savez, j’ai appris en quatre années davantage qu’en quarante ans de ministère pastoral. C’est terrible d’être allongé, de regarder au plafond sans pouvoir même se tourner, et d’avoir besoin d’un bras secourable pour prendre un verre d’eau … C’est là que l’on apprend à dépendre de Dieu de plus en plus. Pourquoi ? Parce que nous nous sentons faibles. Bien souvent quand nous nous sentons forts, nous abusons de nos forces, mais quand nous nous sentons faibles à l’intérieur de nous-mêmes et physiquement, nous ne pouvons que compter sur le Seigneur à chaque instant de notre vie. A mon âge, à 74 ans, je n’ai plus de grands projets, je vis au jour le jour, car chaque jour suffit à sa peine. En prenant de l’âge on a beaucoup de souvenirs mais très peu de projets. Dieu est assez grand pour pourvoir à tous nos besoins de chaque jour. Quant à nous, Ses membres, Son Epouse, sommes-nous sensibles à tout ce qui affecte le Christ et Le touche ? Sommes-nous prêts à souffrir avec Lui de tout ce qui l’afflige dans Son corps ou au dehors ?

Relations vivantes et constantes
Le royaume ne prospère que si le roi sait tout ce qui se passe dans le pays et si le peuple connaît et exécute la volonté du souverain. Un échange constant est indispensable entre eux. Toutes les révolutions et les tyrannies ont leur origine dans la rupture de cet échange entre la tête et le corps, entre les gouvernants et les gouvernés. Tout ira bien pour le troupeau s’il reste près du berger, à portée de voix. Je cite (Jn.8/31 et 10/3-4) : « Si vous demeurez dans Ma Parole… vous êtes vraiment Mes disciples, » et au sujet du berger « les brebis entendent Sa voix… elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. » Il y a tellement de voix étrangères qui nous sollicitent jour après jour qui n’ont plus rien à voir avec la Parole de Dieu. Nous sommes sollicités par nos propres voix internes, par nos pensées internes qui essaient d’intervenir contre la pensée divine et nous risquons de nous fourvoyer dans ces voix-là. Si les brebis s’éloignent, elles s’égarent et deviennent la proie des bêtes sauvages.

Entre le cep et les sarments s’établissent des échanges constants ; si pour une raison quelconque ces relations sont interrompues, la plante dépérit et meurt. Fondation et construction dépendent étroitement l’une de l’autre : si le mortier s’effrite, si les poutres se dissocient, l’édifice perd sa stabilité. Sommes-nous conscients de la nécessité de ces échanges et de ces relations vitales avec Christ ? Pensons-nous qu’une fois lancée l’Eglise peut bien subvenir seule à ses besoins et trouver en elle-même les ressources pour son développement ? La prière est le téléphone rouge qui existe entre Jésus-Christ et nous-mêmes. Nous avons besoin de cette relation constante. Je ne dis pas qu’il faille s’abîmer dans la prière. La prière n’est pas simplement un moment mis à part, c’est un état intérieur, il y a des temps, des circonstances où vous n’avez même plus le temps de proférer une seule parole.

Je me suis retrouvé avec 4 « fellagas » en d’Algérie. J’avais raté le dernier camion qui me ramenait à la base, j’étais habillé en parachutiste, ils m’ont fait monter, j’ai vu que c’était des civils, il faisait noir, ils m’ont fait monter entre le chauffeur et son accompagnateur. Derrière ils étaient trois avec des mitraillettes. Je me suis dit s’ils vont à gauche, c’est bon signe, c’est la base vers laquelle je devais aller, s’ils vont à droite c’est l’endroit où on nous égorgeait vivants. Très franchement quand j’ai aperçu dans le rétroviseur ceux qui étaient à l’arrière, je n’ai pas fait une longue prière, j’étais déjà converti. J’ai dit : « Jésus ! » c’est tout. Ils ont pris la bonne route sinon je ne serais pas là pour vous en parler. Donc, il y a des circonstances où vous êtes complètement coincés par l’événement qui vous arrive, vous n’avez pas le temps de prier longtemps. La prière doit être un état intérieur. Le Seigneur entend, Il sait ce qui se passe à l’intérieur.

2. La nature de ses membres
Que nous apprennent ces images sur la nature de ses membres ? De toutes ces images ressort une identité de nature des différents membres de l’Eglise. Faites cette expérience chez vous, promenez un aimant à travers des papiers, des chiffons ou vers de la limaille, il attirera tout de suite la limaille, les autres choses resteront au même endroit. Quand on parle de l’enlèvement, le Seigneur enlèvera les éléments de la même nature que la Sienne. Ce seront des gens nés de nouveau en Christ, étant allés jusqu’au bout en chérissant Jésus dans leur cœur. Les autres resteront, c’est écrit. Plus nous nous identifions à Christ tous les jours dans la vie familiale, dans la vie sociale, dans la vie ecclésiale aussi, et davantage cette nature qui est la nôtre, va être transformée par la nature de Christ, par le Saint-Esprit.

Dans un royaume, tous les habitants sont sujets du même roi. Le troupeau n’est pas un zoo. Dans l’épi, il y a des graines d’une même espèce, de même nature. Le cep porte des sarments de vigne, et quand bien même on y grefferait des rameaux d’un poirier ou d’un pêcher, il ne résulterait aucun fruit de cette association hétéroclite qui viendrait à maturité. Tout corps étranger pénétrant dans le corps devra être assimilé ou éliminé, sinon tout le corps en tombera malade. L’étude approfondie d’un organisme vivant révèle une unité chimique et biologique profonde de toutes les cellules qui la composent. Si on a une greffe de peau à vous faire on ne va pas chercher de la peau ailleurs, on prélèvera sur vous des éléments de même nature, pour éviter le phénomène de rejet. Le Créateur de ces merveilles n’aurait-Il pas renfermé dans ces mystères une leçon pour nous concernant le corps de Christ « Plénitude de Celui qui remplit tout en tous. »

Cependant, si l’image peut suggérer ou confirmer la réalité, elle ne saurait servir de preuve. Pour établir de façon indubitable la nature des membres de l’Eglise, selon le plan de Dieu, il nous faudra abandonner le terrain symbolique pour revenir aux textes des Actes et des épîtres. L’étude des figures et paraboles de l’Eglise nous aura cependant appris mainte leçon précieuse sur la nature et la vocation de cette Eglise ; elle nous aura montré que, bien que le Seigneur n’ait que rarement parlé d’elle, l’Eglise occupait constamment Sa pensée. Elle transparaît à travers de nombreux symboles et paraboles. Les apôtres éclairés par le Saint-Esprit, ont développé ces images et en ont tiré les applications au fur et à mesure des circonstances. Ils n’ont pas épuisé le sens de ces symboles. Nous non plus ! L’Eglise n’est pas le corps de Christ parce qu’elle est un corps, mais parce que cette réalité qu’est l’Eglise est à Christ ce que le corps est à la tête, et parce que cette réalité qu’est l’Eglise est constituée par des croyants qui sont entre eux dans les relations où l’on voit les membres d’un même corps.

Le Seigneur nous suffit pleinement. Il a tout préparé pour ce corps de Christ que nous sommes en tant que membres. Je crois que lorsqu’on est attaché à Christ, progressivement avec le temps et avec l’âge, on se détache des choses qui nous encombrent dans la vie. Je tenais beaucoup à ma bibliothèque, comme à la prunelle de mes yeux. J’ai quelques milliers de livres, je ne pense pas les avoir tous lus. Progressivement je me rends compte que je m’en débarrasse. Il en est ainsi d’autres choses également. Etre attaché à Christ va faire qu’on se détache des choses qui ne sont pas essentielles. Nous nous attachons à ce qui est essentiel c’est-à-dire à Jésus, qui nous suffit pleinement !

AMEN