La Bible (2)

Par Franck Lefillatre - Publié le Vendredi 3 mars 2006    
2 - L’inspiration biblique.

Dieu employa des hommes pour rédiger sa Parole, aucun ne prévaut, mais tous contribuèrent, guidés par l’Esprit de Dieu, et selon leur part, à l’ensemble d’un Livre qui présente une continuité réelle prouvant déjà par là qu’il ne peut être que l’œuvre d’un seul et même auteur supérieur. Nous affirmons que la Parole de Dieu est directement inspirée par notre Seigneur qui dirigea les auteurs humains appelés par lui. Nous devons donc déduire de son origine divine que la Bible est l’infaillible règle et pratique de foi de l’Eglise, et du chrétien en particulier et ce pour toute l’humanité et l’histoire.

a) Diverses théories sur l’inspiration à rejeter

• L’inspiration mécanique
Certains réduisent le rôle joué par les auteurs bibliques à un simple rôle de secrétaire mettant par écrit ce que Dieu leur dictait littéralement. Ils ne seraient plus que des porteurs de plume complètement passifs dans le processus d’élaboration des textes sacrés sans qu’aucune partie de leur personnalité, de leur vécu n’intervienne. Mais à la simple lecture des différents livres de la Bible, on se rend compte rapidement que cela n’est pas le cas. Ils étaient de véritables auteurs confrontés à la recherche de sources, de matériels, c’est ce que nous voyons par exemple dans 1Rois 11/41, 14/29, 1Chroniques 29/29 ou Luc 1/1-4. De même, dans beaucoup de Psaumes, il est facile de déceler les états d’âme de David.

Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.
Luc 1/1-4

On peut considérer toutefois certains cas précis d’inspiration mécanique, comme lors de la rédaction de la Loi, Exode 20/1: Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant: Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude.

• L’inspiration dynamique

Cette approche affirme que les auteurs sont conduits à un niveau spirituel suffisamment élevé pour leur permettre de rapporter des choses spirituelles que de simples croyants ne sauraient concevoir ou réaliser pleinement. Ce qui revient à dire que l’inspiration de ces auteurs ne se manifestait pas seulement en vue de la rédaction des Ecritures, mais qu’elle aurait été comme une caractéristique permanente de leur personnalité. Cette inspiration n’influençait alors qu’indirectement leurs écrits. Cette théorie ne rend pas compte de la réalité de l’inspiration biblique.

b) La théopneustie


• Définition

Selon le dictionnaire, inspirer veut dire action de respirer. Dans le cadre biblique, nous en disons que l’inspiration biblique, la théopneustie est la « respiration de Dieu ». Nous trouvons cette expression dans 2Timothée 3/16 :
Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne oeuvre.
L’inspiration, c’est Dieu soufflant dans les prophètes et les autres écrivains de la Bible l’expression de sa volonté, les remplissant de sa propre pensée. Dieu utilisa ainsi par son Esprit des hommes consacrés, à travers lesquels il put délivrer son message sans aucune possibilité d’erreurs.

En conclusion nous devons considérer que la révélation est le message donné et l’inspiration est la méthode par laquelle cette révélation est donnée.

• L’inspiration organique
L’inspiration initiée par le Saint Esprit est dite organique parce qu’elle reste en harmonie avec les écrivains de la Bible, respectant leur personnalité, leurs dons et talents, leur culture et éducation, leur vocabulaire et style rédactionnel. Le Saint Esprit illumina leur intelligence, aida leur mémoire. Il préserva de l’influence de la chair et du péché la qualité de leurs Ecrits et les conduisit dans la rédaction et l’expression de leurs pensées jusque dans le choix des mots. Chaque livre est donc particulier, profondément marqué par son auteur qui put laisser véritablement son empreinte sur ses Ecrits : le résultat de ses propres recherches comme dans le cas de Luc, (Luc 1/3), le témoignage de sa vie comme pour Paul dans les Galates.

Pour ce qui s’agit des paroles prophétiques, on doit se référer à 2Pierre 1/21 pour leur inspiration : Car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu.
La parole prophétique biblique était une révélation directe, immédiate. Si bien que beaucoup de leurs auteurs avouent ne pas en comprendre toute la portée et la signification, Daniel 12/8 : J’entendis, mais je ne compris pas; et je dis: Mon seigneur, quelle sera l’issue de ces choses?

c) Etendue de l’inspiration


• L’inspiration partielle
Cette théorie, largement influencée par les thèses rationalistes, pose pour principe qu’une sélection doit être établie et chacun doit déterminer en quelque sorte pour lui-même les parties inspirées et celles qui ne le sont pas. La question est de savoir sur quels critères doit-on opérer ces sélections. Il y a ainsi de grands risques que chacun retienne ce qui l’intéresse et délaisse ce qui pourrait le contraindre à reconsidérer certaines attitudes ou habitudes.
Pour certains, seul le Nouveau Testament est inspiré. D’autres diront que la Bible est inspirée et acceptable dans ses enseignements religieux ou moraux, mais qu’il ne faut pas trop s’attacher à ses allusions historiques, archéologiques ou scientifiques qui contiennent plusieurs erreurs. N’ayant pas de scrupules à opérer un tri parmi les textes, il n’est pas difficile aux détracteurs de telles positions de rejeter toute inspiration concernant le choix des mots. S’ils admettent que les pensées peuvent être inspirées, ils considèrent que le choix des mots et l’élaboration des textes sont entièrement le fruit de la sagesse humaine. Nous devons leur répondre qu’il est difficile d’exprimer des pensées véritables avec des mots approximatifs.

L’inspiration plénière
Jésus se réfère à l’Ancien Testament comme étant la Parole de Dieu. D’ailleurs ne devons-nous pas considérer la parole de Jean 17/17, comme le meilleur témoignage de cette réalité ? Jésus et les apôtres n’ont pas opéré de tri parmi les textes de l’Ancien Testament qu’ils citèrent. Beaucoup venaient de la Torah, mais ils n’hésitaient pas à citer des textes des livres poétiques, prophétiques ou historiques. Ils confirmaient ainsi ce que Paul écrit à Timothée, 2Timothée 3/16 : toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la bonne justice.
De même, dans 2Pierre 3/16, l’apôtre ne place-t-il pas les écrits de Paul au même niveau que ceux de l’Ancien Testament : Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine. Matthieu bâtit son Evangile autour du fait que Jésus le Messie-Roi accomplit l’ensemble des prophéties de l’Ancien Testament le concernant, Matthieu 26/56 :
Mais tout cela est arrivé afin que les écrits des prophètes fussent accomplis.

Nous devons encore aller un pas plus loin en disant que la Bible est inspirée jusque dans les mots utilisés. Nous disons alors que la Bible est verbalement inspirée ce qui est tout à fait différent de l’inspiration mécanique. La thèse de l’inspiration verbale est largement accréditée par la Bible. Ainsi nous lisons à plusieurs endroits que Dieu donna exactement à Moïse ou Josué ce qu’ils devaient écrire, (Lévitique 6/1 ou 24/1 ; Josué 1/1 ; 4/1 ; 6/2…). Jérémie déclarait rapporter ce que Dieu lui avait mis dans la bouche, (Jérémie 1/9). Paul, plus tard dira d’ailleurs dans 1Thessaloniciens 2/13 que ses paroles lui furent communiquées par Dieu :
C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez.