
La société moderne a inversé les rythmes de travail traditionnel. Autrefois, lié à la terre, l’homme calquait sa vie au cycle des saisons, l’hiver était la période de repos et l’été le temps des moissons. Au tout début de l’école obligatoire pour les enfants, les vacances d’été intégraient encore les impératifs des champs.
Mais le développement de l’économie fondée sur l’industrie a progressivement bouleversé tout cela et l’été est devenu la période de repos par excellence. C’étaient les premières semaines de congés payés au temps du Front Populaire. Ce fut le début des vacances balnéaires populaires et aussi le temps des colonies de vacances. Ces colos étaient longues… très longues… qui se souvient des 40 jours d’affilé (mais savait-on encore prendre son temps et laisser du temps à Dieu pour faire son œuvre ?). Elles furent pour beaucoup des enfants de nos églises, certes un lieu de loisir mais surtout de grandes bénédictions spirituelles (conversions, baptêmes du Saint-Esprit, appels au ministère).
Puis dans les années 80, une cinquième semaine s’ajouta encore et l’on parla du temps libre. L’homme moderne refusait les temps modernes à la manière de Charlie Chaplin et aspirait à profiter de la vie. On commença par réduire les vacances d’été et les reporter en hiver et à Pâques, c’était la ruée vers les stations de ski. Tout ceci nous conduisit tout droit dans les années RTT. Partage du travail mais surtout plus de temps pour soi, pour sa famille tout au long de l’année, des week-ends allongés (la semaine des quatre jours pour les enfants au risque de peser sur leurs cycles biologiques), deux semaines de vacances pour les scolaires toutes les 7 semaines…
Le chrétien a beau dire qu’il n’est plus de ce monde, il n’en reste pas moins immergé complètement et traverse lui aussi avec sa famille ces évolutions. Les principes peuvent être intéressants : plus de temps libre, des journées moins chargées (tout du moins quand les impératifs de productivité ne viennent pas étrangler les cadres ou les employés). Toutefois, la vraie question est quel est l’esprit qui anime tout cela ? Certains de nos voisins diront que les Français sont paresseux au travail et ne pensent qu’à se divertir… ou se plaindre. Mais indéniablement nous constatons tous la montée de l’individualisme et donc la perte du sens collectif. Comment gérons-nous nos congés, RTT, week-ends, jours fériés, vacances scolaires… ? Allons-nous simplement en profiter ou serons-nous en faire quelque chose d’utile pour le Royaume de Dieu ? Les besoins sont nombreux dans les églises locales, les œuvres chrétiennes (centre de vacances, maisons de retraite, œuvres d’évangélisation et missions…). Saurons-nous y répondre ?