INTERVENANTS

NICKY CRUZ

Nicky Cruz, né en 1938, est le fondateur de Nicky Cruz Outreach. Il a également été directeur de Teen Challenge, servant sous David Wilkerson, avant de fonder un autre ministère en Californie. Avant sa conversion, il était le chef d’un gang de New-York, les Mau-Maus.

Début de sa vie

Cruz est né à Las Piedras, Puerto Rico où il a été élevé par ses parents. Ses parents pratiquaient le « brujeria » et étaient adeptes de spiritisme. Ils lui ont fait subir un lourd harcèlement moral ; sa propre mère l’appelait « Fils de Satan ». Le quartier dans lequel il vivait était l’un des pires de Puerto Rico et Cruz a toujours eu des ennuis. Selon son livre Run Baby Run (Cours Bébé Cours), ses parents l’envoient alors vivre chez son frère à New York (il avait 15 ans). Rapidement, Cruz s’enfuit et commence à vivre dans les rues de la ville. Il devient membre du gang de rue Mau-Mau. Environ six mois plus tard, Cruz est « élu » Seigneur de guerre du gang et devient rapidement leur chef.

Sa conversion

Peu de temps après que Cruz soit devenu chef de gang, David Wilkerson prêche dans le quartier. Cruz le rencontre. Le prédicateur lui dit : « Jésus t’aime et ne cessera jamais de t’aimer ». Cruz répond en frappant Wilkerson et menace de le tuer. Plus tard, Wilkerson tente à nouveau de parler de Jésus à Cruz, recevant la même réponse.

Plus tard, Wilkerson organise une réunion d’évangélisation dans le quartier, avec l’intention d’annoncer l’évangile aux Mau-Maus. Quand Cruz en entend parler, il se dirige, avec certains des membres de son gang, vers l’arène de boxe où la réunion a lieu, avec un bus spécialement envoyé par Wilkerson. Selon Cruz, quand il arrive à l’arène, il se sent coupable des choses qu’il a faites et commence à prier. Après la prédication, Wilkerson demande aux Mau-Maus de faire une collecte. Cruz se porte volontaire et, avec un groupe du gang, traverse l’auditoire, poussant les gens à donner pour la collecte. Voyant une sortie, il s’apprête à partir avec l’argent. Finalement, il se convint et convint le groupe de donner l’argent à Wilkerson sur scène et de rester. A la fin de la réunion, Wilkerson fait un appel, auquel un grand nombre de membres du gang répondent. Pendant cet appel, Wilkerson prie avec Cruz ; Cruz demande à Dieu de le pardonner.

Ensuite, Cruz et quelques-uns des membres du gang nouvellement convertis vont à la police et rendent leurs armes, couteaux, … Les policiers sont stupéfaits, déclarant plus tard que s’ils avaient vu le groupe approcher, ils les auraient probablement abattus.

Cruz commence à étudier la Bible et va au collège biblique. Il devient prédicateur et retourne dans son ancien quartier, où il prêche et amène de nombreux Mau-Maus à Christ, y compris le nouveau chef du gang, Israël Narvaez.

Œuvres écrites

Nicky Cruz a écrit deux autobiographies, Run Baby Run (Cours Bébé Cours), avec Jamie Buckingham (1968), et Soul Obsession (Obsession de l’âme), avec Frank Martin (2005). Il a également écrit plusieurs livres chrétiens, comme The Corruptors (Les Corrupteurs) (1974), The Magnificent Three (La Magnifique Trinité) (1976), et Destined to Win (Destiné à Gagner) (1991). La conversion de Cruz a été dépeinte dans le film « La Croix et le Poignard«  en 1970, avec la vedette Erik Estrada dans le rôle de Cruz et Pat Boone dans le rôle de David Wilkerson. En 2013, Cruz est l’auteur du The Devil Has No Mother (Le Diable n’a pas de mère) (Worthy Publishing, ISBN 9781617951893) qui évoque l’interprétation de Cruz sur la soif de pouvoir du diable, tout en contrastant cela avec la capacité de Dieu à gagner, à avoir toujours le dernier mot.


PAUL BALOCHE

Paul Baloche est un artiste américain chrétien, leader de louange, auteur, compositeur.

Originaire du New Jersey, Paul Baloche est actuellement le pasteur de louange à l’église « Community Christian Fellowship » de Lindale, au Texas. Il s’aide du piano ainsi que de la guitare acoustique pour créer ses compositions.

Des artistes tels que Michael W. Smith ou Sonicflood, reprennent ses compositions, et nombreuses d’entre elles sont chantées dans les églises, tel que « Open the Eyes of My Heart » (Ouvre les yeux de mon coeur), « Above All » (Au-dessus de tout), nominé chanson de l’année en 2002 et 2003 aux Dove Awards.

Paul Baloche fut aussi nominé Compositeur de l’année en 2002 et reçu un Dove Awards en 2009 pour avoir co-écrit « A new Hallelujah » avec Michael W. Smith et sa femme Debbie Smith.

Il fait partit du projet Compassionart, une oeuvre caritative fondée par Martin Smith du groupe Delirious.

Paul est également l’auteur du livre « God Songs » et d’un DVD de cours. Il a participé à plusieurs conférences sur les leaders de louange et les musiciens en Amérique du Nord ainsi qu’en Asie.

Il travailla entre autre avec Matt Redman ou encore Don Moen. Sa femme, Rita Baloche, est également compositrice.


ELIAS DOS REIS

Elias est né au Brésil le 16 novembre de 1969.
Avec son épouse Josi, ils ont trois enfants : Kelton, Jeffreson et Laurianne.

Elias a démarré son ministère au Brésil, occupant successivement les fonctions de conducteur de chant, de musique et de leader de jeunesse. A l’âge de 22 ans, il devient pasteur responsable des églises annexes au Brésil. C’est en l’an 2000 qu’il reçoit l’appel pour servir le Seigneur en France dans l’église de Givors.

Puis, en 2003, Elias et sa famille déménagent sur Valenciennes pour exercer leur ministère jusqu’en mai 2008.
Actuellement, Elias est le pasteur principal de l’église évangélique Assemblée de Dieu de Mulhouse en Alsace.


PASTEUR SAID OUJIBOU

L’actualité nous fait vivre dans la peur du terrorisme et nous avons vite tendance à mettre tous nos frères musulmans dans le même panier. Or, si être musulman ne veut pas dire être terroriste, être arabe ne veut pas non plus dire être musulman ! Saïd, d’origine marocaine, est devenu pasteur itinérant. Découvrons avec une profonde reconnaissance combien notre Dieu désire révéler son amour inconditionnel. Il n’a pas fini de nous surprendre !

Tout petit, j’ai appris les préceptes de l’Islam. C’est une très belle religion qui comprend beaucoup de codes d’éthique et de morale. J’aimais ma religion. Je priais cinq fois par jour, je faisais mes ablutions, j’observais le ramadan… Petit à petit, des questions essentielles sont nées à l’intérieur de moi. Je voulais par exemple savoir ce qu’il allait m’arriver le jour de ma mort. J’ai posé la question à mes parents qui m’ont répondu : « Dieu seul le sait ! ». Mes frères qui étudiaient le Coran m’expliquaient que mes bonnes et mes mauvaises actions seraient pesées sur une balance. Cette réponse ne me satisfaisait pas : j’avais besoin de certitude. J’observais les lois, mais j’étais torturé à l’idée que peut-être Dieu ne me pardonnerait pas. Je m’observais sans cesse et me suis dit que Dieu ne pouvait pas me mettre dans un tel état intérieur. Je me suis mis à chercher, rechercher Dieu de plus en plus ardemment. Ma vie spirituelle était sèche. Je voulais entrer en relation avec Dieu.

Exclusion et racisme
Ma religion est aussi devenue une défense contre ce monde occidental agressif et envahissant. Pour moi être blanc équivalait à être chrétien. J’étais frisé, arabe et rejeté par ces Français qui voulaient que l’on travaille chez eux. Tout petit, j’ai vu cette violence, j’ai vécu l’exclusion et le racisme. J’ai commencé à sortir de plus en plus mes griffes et j’ai détesté la France en devenant de plus en plus violent mais je continuais d’avoir soif…

À douze ans, je me suis bagarré avec un voisin tunisien. La bagarre a dégénéré en émeute : sa famille contre ma famille. Maman est tombée par terre et on a dû l’emmener à l’hôpital : elle avait un traumatisme crânien. Je n’ai jamais eu peur dans ma vie mais, quand j’ai vu ça, je suis rentré dans ma chambre, j’ai fermé la porte et j’avais honte. Je ne comprenais pas comment je pouvais être religieux et violent à la fois. J’avais honte de voir que ma violence avait causé tant de dégâts. Une dame est venu sonner à la maison, proposant son aide pour nous garder. C’était bien la première fois qu’une Française venait frapper à notre porte, en plus pour nous proposer son aide ! Cette dame venait de s’installer au-dessus de chez nous avec sa famille. On s’est liés d’amitié. Le couscous montait chez eux et le gâteau au chocolat descendait chez nous. Ils étaient chrétiens. Ils nous ont donné une Bible.

La trahison
Ma soeur y allait souvent et, un jour, elle a participé à une réunion chez eux. Elle riait et chantait. Elle a voulu découvrir la Bible et puis, un an plus tard, elle s’est convertie. Elle a eu le courage de nous le dire. Nous le vivions comme une trahison. Ma première réaction fut une grande tristesse et déception. J’étais choqué aussi de la voir troquer sa Rolls pour une 2CV ! Elle se coupait de la famille en quelque sorte pour devenir française. En devenant chrétienne, elle nous faisait la pire des insultes. Mes frères l’ont violentée, battue, ils ont déchiré sa Bible et elle restait paisible. On l’a séquestrée pendant trois semaines et elle me racontait les histoires de la Bible ! Je devais espionner ma soeur et moi je sentais l’Amour de Dieu qui transpirait en elle. Son amour et sa foi m’ont déstabilisé. J’étais impressionné aussi de la voir accrochée à sa nouvelle religion et me demandais comment elle pouvait tenir en s’attachant à «ça». Alors elle m’en parlait, me disant que tout était gratuit. J’ai réalisé que le salut venait d’en-haut. Je voulais faire mes recherches. Il existait des avantages et des inconvénients de chaque côté… C’était une vraie ratatouille dans ma tête. J’ai dit à Dieu : Si tu existes, si c’est toi qui as tout créé, montre-moi qui tu es vraiment. C’est sorti de mon coeur et en moi, je sentais : Saïd, un jour, tu vas connaître la vérité.

Comme foudroyé
Je me suis mis à lire la Bible. Le péché, je savais ce que c’était mais je n’avais aucune solution pour m’en défaire. Mon endurcissement, ma révolte et ma haine m’avaient poussé à trafiquer dans le quartier. Ma vie se résumait à la musique, les boîtes, le hashish ; j’avais été renvoyé du lycée et me noyais dans la house music. Pour un musulman, il n’y a rien de plus difficile que d’accepter d’être pécheur. C’est l’Esprit Saint qui m’en a convaincu.

Un soir, en lisant la Bible, j’étais comme foudroyé et pénétré à l’intérieur. J’ai réalisé que mon péché, ce n’était pas seulement mentir ou tricher mais me détourner de Dieu. Je priais des lèvres mais mon coeur était loin de Dieu. J’ai pleuré pendant deux heures. En quelques secondes, j’ai réalisé que j’étais pécheur. Cela a été le plus beau moment de ma vie. Dieu m’aimait d’un amour inconditionnel. Là, j’ai accepté Jésus comme mon Sauveur : Maintenant, tu vas être le Seigneur de ma vie, à toi de diriger les choses. Mes copains disaient : Saïd, il est devenu ouf, il va être curé !

La réparation
Suivre le Christ impliquait réparation. Au lycée, j’avais volé de l’argent à ma prof, alors je suis allé la trouver pour le lui dire et lui rendre l’argent. Cela me soulageait. Pour réparer, j’ai pris deux mois avec sursis. Je voulais livrer toute ma vie, tout mon coeur. J’avais vingt-et-un ans. À la maison, ma conversion n’a pas été bien acceptée : moi aussi, je trahissais… Maman a vite vu que cela n’était pas un feu de paille car je ne vivais plus de la même façon. Elle disait à mes copains qui me pointaient du doigt : Je préfère le voir ainsi. Mon frère, lui, ne voulait plus me voir et ne me permettait plus de toucher à ses enfants. Il a fait appel à la sorcellerie au Maroc pour que j’abandonne ma foi…

Même converti, je continuais de mépriser mon père. Je lui en voulais. Il ne pensait qu’au travail, au retour au pays – qui me semblait de plus en plus illusoire – il n’avait jamais porté un regard sur nous et ne m’avait jamais serré dans ses bras. J’avais vu tellement de choses mauvaises à la maison, tellement de violence et je lui en voulais. Un jour, je lui ai dit : Papa, de la même manière dont Jésus m’a aimé, je veux t’aimer. Jésus m’a pardonné. Tu peux accepter Jésus dans ta vie. Et mon père a accepté Jésus dans sa vie. On s’est pris pas la main et on a prié en arabe. Jamais auparavant, je ne lui avais dit : Papa, je t’aime. Par la puissance de l’évangile nous nous parlions, par la puissance de la Croix nous avions reçu la force de la réconciliation.
Aujourd’hui ce qui me fait vivre, c’est le Christ. Je peux me passer de manger mais pas de prier. Entrer dans son intimité, faire silence, laisser la voix de Dieu me parler, c’est mon poumon. La plus grande des choses, c’est de lui appartenir. Je lui appartiens en tant que Nord-Africain. Je continue de manger le couscous avec trois doigts, mon mariage s’est fait à l’Église mais c’était aussi une mariage traditionnel avec un repas oriental. Je n’ai ni renié ma culture ni renié ma tradition et je serais bien égoïste de garder tout cela pour moi !